Monday, August 20, 2018
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Acquittement de Jean-Pierre Bemba : un “verdict politique” de la CPI ?

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Acquittement de Jean-Pierre Bemba : un “verdict politique” de la CPI ?

“Critiquée pour sa trop grande propension à n’écrouer que les faibles en général et les Africains en particulier, la Cour pénale internationale (CPI) vient de rendre une décision partie pour conforter le camp des complotistes qui voient en elle un instrument que la communauté internationale manipule à sa guise”, juge Le Djély après l’acquittement de Jean-Pierre Bemba.

L’ancien homme d’affaires fortuné devenu chef de guerre puis vice-président de la RDC avait été condamné en première instance en 2016 à 18 ans de prison pour les meurtres, viols et pillages commis par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003 en Centrafrique voisine. Jamais la CPI n’avait jusqu’alors imposé une peine aussi lourde.

Un futur adversaire pour Joseph Kabila ?

“Au lieu de susciter de l’enthousiasme, l’acquittement passe pour un verdict politique”, considère le site d’information guinéen. Pour expliquer ce revirement spectaculaire, les juges ont estimé que l’ex-chef de guerre n’était pas lui-même présent en Centrafrique lors des faits et n’aurait pas pu contrôler à distance les agissements de sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), venue soutenir le président centrafricain Ange-Félix Patassé alors en difficulté face à une tentative de coup d’État, en 2002.

La différence entre les deux jugements est “un écart abyssal pour l’opinion publique”. Pour le journal, de nombreux Africains se demanderont si “la communauté internationale, pressée d’en finir avec Joseph Kabila, a voulu ainsi trouver à ce dernier un adversaire à sa taille”.

Après Bemba, Gbagbo ?

Alors que son dernier mandat s’est achevé fin 2016, Joseph Kabila, au pouvoir en RDC depuis 2001, refuse toujours de quitter le pouvoir malgré les critiques de l’opposition congolaise et des Occidentaux. Des élections sont prévues le 23 décembre 2018 et l’éventuelle entrée dans la course de l’opposant Bemba pourrait contrarier les ambitions du parti présidentiel.

L’affaire Bemba rappelle également celle de Laurent Gbagbo, estime le journal : l’ex-président ivoirien est jugé depuis plus de deux ans par la CPI pour crimes contre l’humanité. Son procès est aussi critiqué en raison de la faiblesse du dossier d’accusation.

Dans l’entourage de Laurent Gbagbo, l’autre gros poisson entre les griffes de la CPI, on pense que la brèche est une aubaine […] lui et ses partisans peuvent […] espérer le même type de clémence de la part de la CPI.”

 

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