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Wednesday, August 21, 2019
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Algérie. L’énième candidature de Bouteflika, “une mystification”

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Algérie. L’énième candidature de Bouteflika, “une mystification”

Après l’annonce de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika, El Moudjahid, le quotidien officiel du Front de libération nationale (FLN), le parti au pouvoir, applaudit : “il est l’homme qui sied, en fonction de son long et riche parcours personnel, et donc d’une expérience avérée en matière de gestion du pouvoir politique et d’une grande expertise dans le domaine des relations internationales, sans oublier sa profonde connaissance du pays et des hommes”.

“Les arguments ? Après la tragédie à laquelle elle a été confrontée [guerre civile de 1991 à 2002], l’Algérie est debout, en paix, stable et plus forte que jamais, dans un environnement régional troublé et une conjoncture économique difficile. Et ce résultat n’a été rendu possible”, estime El Moudjahid, “que grâce au président Bouteflika, appelé à poursuivre son programme, ses réformes et ses réalisations.”

“La stabilité est présentée comme une fin en soi”

A contrario, le quotidien d’Alger Liberté parle de “mystification” :

La stabilité est présentée, comble d’ironie, comme une fin en soi, et les citoyens sont sommés de s’en contenter comme d’une réalisation prodigieuse”.

“Or, l’on sait que, jusqu’ici, seul l’argent du pétrole a évité à l’Algérie d’entrer dans un cycle de récession économique que n’aurait pas pu endiguer ‘la gouvernance judicieuse’ de Bouteflika.”

“On ne peut pas continuer une ‘œuvre’ qui a coûté quelque 1 000 milliards de dollars, à présent que les caisses de l’État sont quasiment vides”, poursuit Liberté, “sachant qu’il n’y a aucune chance de les voir se renflouer à court ou moyen terme. Mais l’Alliance présidentielle n’en a cure. Elle s’est investie pour la promotion du cinquième mandat et, dépourvue d’arguments sérieux, elle se voit contrainte de faire de la mystification. […] Ses membres ne savent faire que cela. Ils s’y attellent donc, cette fois-ci avec plus d’ardeur, car c’est pour eux une question de survie. Mais ils n’y gagneraient, au mieux, qu’un sursis.”

Il ne peut plus parler en public

[Abdelaziz Bouteflika est cloué dans un fauteuil roulant depuis son accident vasculaire cérébral (AVC) de 2013. Il n’apparaît plus que rarement en public et ne s’exprime plus publiquement.]

En fait, estime Aujourd’hui au Faso, au Burkina, “l’Algérie est sous la chape d’un système, celui de ‘Boutef’. Des voix discordantes se font bien sûr entendre, mais restent inaudibles, et ce système qui gouverne en son nom et qui répond de lui est très puissant. Tous ceux qui ont cru, vu son état de santé, se passer de lui l’ont payé cher : les renvois, les révocations et les disgrâces sont fréquents.”

C’est un ‘Boutef’ qui est engoncé dans ses certitudes messianiques, qui se résument à gouverner l’Algérie jusqu’à la fin, et il tient le gouvernail grâce à son entourage. Il a survécu au printemps arabe, depuis six ans, il résiste à un AVC, qui dit mieux ?”

Frédéric Couteau
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