Thursday, June 21, 2018
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Audi et Daimler aspirés à leur tour dans la tourmente du “dieselgate”

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Audi et Daimler aspirés à leur tour dans la tourmente du “dieselgate”

Le scandale des moteurs diesel truqués n’en finit pas de s’étendre. Depuis septembre 2015, c’est le géant allemand de l’automobile Volkswagen qui était au cœur des débats. Mais l’ensemble du secteur est désormais sous surveillance et aujourd’hui, la filiale du groupe de Wolfsbourg, Audi, est sous le feu des projecteurs. Son PDG, Rupert Stadler, est sous le coup d’une enquête avec un autre haut responsable de l’entreprise, tandis que le ministère des Transports allemand vient d’imposer à Daimler le rappel de 774 000 véhicules Mercedes à travers l’Europe.

“Dans l’industrie automobile allemande, le dilemme du diesel n’est pas près de finir”, assène la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). Dans un éditorial, le quotidien regrette qu’on en soit encore, trois ans après le début de l’affaire, à rappeler aux dirigeants des entreprises du secteur leurs responsabilités. “On a le sentiment que le message n’est pas encore passé”, regrette le journal conservateur.

“Fraude” et “faux certificats”

Lundi 11 juin, l’enquête sur le scandale des moteurs truqués menée par le parquet de Munich a été étendue au patron d’Audi, Rupert Stadler, ainsi qu’à un autre membre du conseil d’administration de l’entreprise. Les domiciles de ces deux hauts responsables ont été perquisitionnés – le siège d’Audi à Ingolstadt et le site de Neckarsulm l’avaient déjà été plusieurs fois au cours des derniers mois.

“Le chef d’Audi lui aussi pourchassé”, titre Die Welt, alors que le quotidien économique Handelsblatt évoque la “razzia” au domicile de Rupert Stadler. À la tête de la filiale de Volkswagen depuis 2007, Stadler “est resté, imperturbable, à son poste” pendant que d’autres devaient quitter la boutique, relève la FAZ. “Tous les reproches ont glissé sur lui”.

En sera-t-il autrement cette fois-ci ? À Munich, les enquêteurs parlent en tout cas de “fraude” et de “faux certificats”. L’agence fédérale de l’automobile KBA avait ordonné la semaine dernière le rappel de 60 000 Audi dont les moteurs auraient été truqués pour maquiller le niveau d’émission de gaz polluants. En janvier, l’agence avait déjà demandé le rappel de 130 000 véhicules de la marque de par le monde.

774 000 véhicules concernés en Europe

Et chez Daimler ? “S’agit-il de 5000, de 160000, de 750000 ou bien même d’un million” de véhicules truqués ?, interroge le Handelsblatt. Selon Dieter Zetsche, son patron, il n’y aurait aucune manipulation chez Daimler. Lundi, le ministère des Transports a tranché : l’État exige le rappel de 238 000 Mercedes en Allemagne. Sur l’Europe, on arrive à 774 000 véhicules concernés.

“Il ne reste plus grand-chose de l’image immaculée du groupe de Stuttgart et de son chef”, juge la Süddeutsche Zeitung. “Les dernières accusations montrent une chose, prévient le quotidien de Münich, près de trois ans après le début du scandale, l’industrie la plus importante d’Allemagne est loin d’avoir fait toute la lumière sur celui-ci”.

Catherine Guichard
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