Friday, September 21, 2018
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Brésil. Geovani Martins, un auteur qui a Rio à la bouche

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Brésil. Geovani Martins, un auteur qui a Rio à la bouche

Je suis né à Bangu, dans l’ouest de Rio de Janeiro, le 18 janvier 1991. En 2004, j’avais 13 ans quand ma mère, mes frères et moi avons déménagé à Vidigal, dans la Zona Sul. Si j’insiste sur ces lieux et ces dates, c’est parce qu’à la veille de la parution de mon premier livre, O sol na cabeça [“Le Soleil dans la tête”, inédit en français], je peux l’affirmer : le choc provoqué par ce déménagement fut la genèse de chacune de ces treize nouvelles.

Tout était différent : la façon de parler, de jouer dans la rue, les règles du foot, les dribbles, les cerfs-volants, la musique, le rythme des gens, le volume sonore des cris – le soleil lui-même me semblait brûler différemment. Moi, j’étais là à essayer de m’adapter, de me faire des copains, et en même temps, j’étais nostalgique, je voulais retourner à Bangu, dans ma rue Araruama, où tout le monde me connaissait et où je connaissais tout le monde.

Dix-sept déménagements en quatorze ans

J’ai passé toute mon adolescence dans cet entre-deux. Il m’arrivait de retourner vivre chez mes grands-parents à Bangu, j’y passais quelques mois, et puis je rentrais à Vidigal [un quartier qui attire étrangers et Cariocas de la classe moyenne], en général en été, quand la plage me manquait.

Quel que soit l’endroit où je vivais, ça ne ratait jamais : le week-end, j’allais toujours faire un tour dans mon autre coin de Rio. Sans un centavo en poche, je traversais toute la ville en stop avec mon petit frère, de quatre ans plus jeune que moi. À l’époque, nous prenions tout le temps le regretté 756, un bus historique pour les rolezinhos de ceux de ma génération [ces “petites balades”, littéralement, désignent plus précisément une tendance actuelle, celle des rassemblements de jeunes

[…]

Geovani Martins
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