Sunday, March 24, 2019
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Brésil. Le ministre de l’Économie s’inspire de l’ancien dictateur chilien

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Brésil. Le ministre de l’Économie s’inspire de l’ancien dictateur chilien

Ils ont maintenant plus de 60 ans, à l’instar de leur chef Paulo Guedes, ministre de l’Économie qui en a 69, et c’est pourquoi la presse surnomme volontiers le ministre et son équipe les Chicago Oldies (“anciens de Chicago”).

Dans les années 1970, relate El País Brasil, Paulo Guedes et certains des membres de son équipe ont fait leurs classes à l’université de Chicago sous l’influence de l’économiste américain Milton Friedman, Prix Nobel 1976 et fervent prescripteur du libéralisme. Mais le courant de l’école de Chicago s’est d’abord incarné dans une génération d’économistes chiliens dénommés les Chicago Boys, qui ont mis en œuvre les réformes libérales de la dictature d’Augusto Pinochet entre 1973 et 1982.

Le miracle des Chicago Boys

À cette époque, Pinochet, qui jusqu’alors avait affiché son attachement à une économie planifiée par l’État, s’est laissé convaincre par Friedman de laisser les commandes aux Chicago Boys, qui ont profondément réformé l’économie en libérant les prix, en ouvrant le marché du pays, en réduisant les impôts et l’emprise de l’État, réalisant ce qui a été considéré comme “le miracle économique chilien”. Dans les années 1980, nombre de jeunes diplômés brésiliens issus de l’école de Chicago, Guedes en tête, ont rejoint le Chili pour y travailler.

Aujourd’hui, titre la version brésilienne d’El País, “Paulo Guedes veut réduire la part de l’État [dans l’économie] comme jamais le Brésil ne l’a vu”.

À cet effet, il a regroupé autour de lui un groupe de Chicago Boys brésiliens, placés à des postes clés dans l’industrie et la banque, dont Roberto Castello Branco, à la direction de la compagnie pétrolière Petrobras, et Rubem Novaes, à la tête de Banco do Brasil.

Les Oldies envisagent donc de privatiser des entreprises publiques – “un thème épineux au sein de l’opinion”, note le journal –, simplifier le système fiscal, réformer la protection sociale et, parmi les priorités déjà sur la table, revoir profondément le système des retraites. Celui-ci pourrait passer, par étapes, à un système individuel par capitalisation. “Selon un modèle proche de celui adopté au Chili”, souligne El País Brasil.

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