Tuesday, August 14, 2018
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Ces animaux qui comptent mieux que nous

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Ces animaux qui comptent mieux que nous

Chaque nuit de la saison des amours, le mâle de la grenouille tungara, posté dans son étang, en Amérique centrale, donne à entendre sa sérénade pendant des heures et des heures d’affilée.

Ce batracien couleur boue a la taille d’une petite noix de pécan écalée. Mais il entonne un chant puissant et rythmé : une sorte de hululement étiré (qui ressemble étrangement à un tir de phaseur de Star Trek), suivi d’un seul cri bref, dense et nasillard.

À moins qu’un mâle concurrent ne se mette lui aussi à chanter dans les parages : dans ce cas, le premier ajoutera probablement deux cris brefs supplémentaires à la fin de son hululement. Et si d’aventure son rival fait de même, le mâle A en ajoutera trois.

Les deux Roméo chantent ainsi en alternance, renchérissant chaque fois sur le rival, jusqu’à ce qu’ils atteignent leurs limites respiratoires en enchaînant six ou sept cris en rafale.

Calcul amoureux

Cette prouesse épuisante risque d’attirer des prédateurs, comme les chauves-souris. Qu’à cela ne tienne. Le mâle tungara n’a d’autre choix que de poursuivre la joute, pour la simple et bonne raison que la femelle fait comme lui : elle écoute et elle compte. Et c’est avec celui qui enchaînera le plus grand nombre de cris que la belle s’accouplera.

Des scientifiques ont découvert que derrière ce sens des nombres étonnamment sophistiqué se cachent des cellules spécialisées du mésencéphale de l’amphibien : ces cellules font le compte des signaux sonores et des intervalles qui les séparent.

Les neurones comptent le nombre de pulsations qui correspondent à certains critères, et ils sont extrêmement sélectifs”, explique Gary Rose, biologiste à l’université de l’Utah. Si l’intervalle entre deux pulsations est plus long ou plus court d’une fraction de seconde, les neurones ne transmettent pas les

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Natalie Angier
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