Saturday, November 17, 2018
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Ces passages “salaces” de son journal que voulait cacher Anne Frank

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Ces passages “salaces” de son journal que voulait cacher Anne Frank

“Je vais utiliser cette page pour écrire des blagues salaces”, annonce Anne Frank dans son célèbre Journal un jour de septembre 1942, moins de trois mois après avoir commencé à se cacher avec sa famille dans l’annexe d’une entreprise à Amsterdam.

Devenu un symbole de l’Holocauste, ce journal n’avait pas encore livré tous ses secrets, ont annoncé mardi 15 mai les dirigeants de la Maison d’Anne Frank, le musée qui lui est consacré dans la capitale des Pays-Bas. Ainsi que le rapporte le quotidien britannique The Guardian, des scientifiques ont réussi à déchiffrer deux pages que la jeune auteure avait elle-même recouvertes de papier Kraft et sur lesquelles elle avait écrit de nouveaux passages.

Technologie de traitement de l’image

Le texte en palimpseste était toujours resté invisible. Jusqu’à ce que des chercheurs s’en emparent à la demande du Musée. “Ils ont photographié les pages à l’aide d’un rétroéclairage, puis ont utilisé un logiciel de traitement de l’image pour déchiffrer les mots,” explique The Guardian. Qui rapporte notamment ce passage :

Tous les hommes, s’ils sont normaux, vont avec des femmes, des femmes comme ça les accostent dans la rue, et ensuite, ils partent ensemble. À Paris, ils ont des grandes maisons pour ça. Papa y est allé.”

Ailleurs, la jeune fille âgée alors de 13 ans fait une plaisanterie à propos d’un cocu qui retrouve un homme nu caché dans le placard de sa femme. Elle fait aussi mine de donner des leçons d’éducation sexuelle à un interlocuteur imaginaire (l’arrivée des règles chez une femme est, écrit-elle, “un signe qu’elle est mûre pour avoir des relations avec un homme, même si cela ne se fait pas, évidemment, avant le mariage”). Comme le souligne le site néerlandais Dutch News,

Les blagues et le passage sur l’éducation sexuelle n’ont rien d’exceptionnel par rapport à l’ensemble des textes d’Anne. […] Elle évoque ouvertement à d’autres dates des sujets liés au sexe, comme ses règles et les conversations avec Peter van Pels [l’un des compagnons de clandestinité de la famille Frank dans l’annexe] sur le sexe et la sexualité.”

Pour le directeur de l’Institut néerlandais de documentation sur la guerre, également partie prenante aux recherches, “il est courant que les enfants se racontent des blagues cochonnes. Celles-ci montrent bien qu’Anne, en dépit de tout son génie, était avant tout une jeune fille comme les autres.”

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