Saturday, October 20, 2018
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Commerce. Trump tire à boulets rouges sur le Canada et les Européens

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Commerce. Trump tire à boulets rouges sur le Canada et les Européens

Tout a commencé dans la nuit de samedi à dimanche, avec deux tweets de Donald Trump où il attaquait personnellement le Premier ministre canadien Justin Trudeau et annonçait son retrait du communiqué commun du G7. Le président américain n’avait pas supporté que M. Trudeau souligne à nouveau, en clôture du sommet, le caractère “insultant” des taxes imposées à son pays par les États-Unis, et sa promesse d’instaurer de nouveaux droits de douane sur des produits américains.

Sourd aux réactions consternées de ses partenaires, Donald Trump a repris son téléphone lundi matin et posté une série de tweets rageurs où il affirme notamment que “le commerce équitable doit maintenant être appelé commerce de dupes, s’il n’est pas réciproque”, rapporte la chaîne CNBC.

“Désolé, mais nous ne pouvons plus laisser nos amis, ou ennemis, profiter de nous sur le commerce. Le travailleur américain doit passer d’abord”, écrit-il.

Il reproche également aux Européens, particulièrement à l’Allemagne, de contribuer très peu au budget de l’OTAN, tout en “dépouillant” les États-Unis en matière commerciale – des propos qui augurent mal du prochain sommet de l’OTAN, les 11 et 12 juillet prochains en Belgique.

Dimanche, les alliés des États-Unis n’ont pas pris de gants pour exprimer leur exaspération face à la volte-face de Donald Trump après le sommet du G7. “Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements. Nous nous y tenons et quiconque les quitterait le dos tourné montre son incohérence et son inconsistance”, a déclaré Emmanuel Macron, cité par The Hill. Et d’ajouter : “la coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots”.

La chancelière allemande Angela Merkel interrogée par la chaîne publique ARD, a estimé pour sa part que le sabordage du G7 par voie de tweet était “évidemment dégrisant et un peu déprimant” et doute que “s’échauffer par la parole ne fasse avancer les choses”.

Justin Trudeau, qualifié de “très malhonnête et faible” par Donald Trump après le sommet, a choisi de ne pas répondre directement, préférant laisser parler sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. “Le Canada ne conduit pas sa diplomatie avec des attaques ad hominem”, particulièrement “lorsque cela vient d’un proche allié”, a-t-elle déclaré aux journalistes, selon le site du Globe and Mail.

De leur côté, les conseillers de Donald Trump n’ont pas cherché à éteindre l’incendie, préférant au contraire jeter un peu plus d’huile sur le feu.

Interrogé sur CNN, Larry Kudlow, principal conseiller économique de la Maison-Blanche, a accusé M. Trudeau de “trahison. Il nous a doublés, pas seulement le président Trump, mais aussi les autres membres du G7. Et de poursuivre : “Il nous a vraiment poignardés dans le dos”.

Tous les républicains ne partagent pas cet avis, cependant. Le quotidien USA Today remarque que le sénateur John McCain a pris une fois de plus le contre-pied de Donald Trump sur Twitter, en s’adressant directement aux alliés des États-Unis : “Les Américains sont à vos côtés, même si notre président ne l’est pas”.

Le conservateur David Frum, ancienne plume de George W. Bush et opposant à Donald Trump, observe quant à lui, dans un éditorial pour le magazine The Atlantic, que le président se montrera sans doute “beaucoup plus respectueux et conciliant avec le dictateur (Kim Jong-un) qu’avec les démocraties alliées de l’Amérique”.

“Il brutalise ses alliés et amis traditionnels, mais il s’aplatit devant les adversaires et les dictateurs”, écrit-il. “Brutaliser le G7 était l’histoire du week-end. S’aplatir devant la Corée du Nord – et derrière elle, la Chine – sera l’histoire de la semaine à venir”.

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