Wednesday, October 17, 2018
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Contestation tous azimuts contre le président guinéen

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Contestation tous azimuts contre le président guinéen

Ce lundi 12 mars a été particulièrement tendu dans la commune de Kaloum, le centre-ville administratif de Conakry, la capitale guinéenne. D’une part, des manifestants sont descendus dans la rue pour protester contre l’inaction du gouvernement pour faire cesser la grève des enseignants, qui entre dans sa cinquième semaine. La même journée, l’opposition avait appelé à une journée “ville morte” pour dénoncer des fraudes lors des dernières municipales remportées par le parti au pouvoir.

La meilleure illustration de la tension de cette journée vient du site d’information Guinée News qui publie une “vidéo exclusive du chaos”. Les images montrent une vague de femmes se rendant spontanément à Sékhoutouréya, le palais présidentiel. Devant des hommes en uniformes, elles interpellent le chef de l’État, Alpha Condé, au pouvoir depuis 2010, et exigent la reprise des cours en brandissant des tableaux noirs aux slogans de mécontentement marqués à la craie.

Ce lundi marque le début de la cinquième semaine de grève générale du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée, qui réclament depuis un mois une augmentation de 40 % de leurs salaires. Faute d’accord avec le gouvernement, les professeurs désertent toujours les salles de classe et empêchent la reprise des cours.

Une situation qui a poussé de nombreux Guinéens à occuper les rues de plusieurs quartiers de la capitale. Le site Guinée Matin rapporte le témoignage d’un manifestant qui exhorte le président à répondre favorablement aux revendications des enseignants : “Alpha Condé est incompétent ! Alpha Condé a suffisamment démontré qu’il ne peut pas faire l’affaire de la Guinée. Depuis un mois, les élèves ne vont pas à l’école ; et cela ne le préoccupe pas. Tout ce qu’il a à faire aujourd’hui, c’est de quitter le pouvoir ! On ne veut plus de lui !”

Jets de pierres et slogans hostiles

Le Premier ministre, Mamady Youla, a fait les frais de cette grogne populaire, selon Le Djely, qui raconte que le chef du gouvernement a été accueilli par des jeunes de Kaloum prêts “à faire pleuvoir des cailloux sur son cortège”. Le portail d’information décrit également comment les manifestants ont pourchassé le véhicule du Premier ministre, jetant des pierres et scandant des slogans hostiles.

Cette crise sociale vient se conjuguer à une énième crise politique suite aux élections locales du 4 février dernier, largement remportées par le Rassemblent du peuple de Guinée (RPG), le parti au pouvoir, mais contestées par l’opposition, menée par l’opposant et ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée, la deuxième force politique du pays.

Journée “ville morte”

Cette dernière avait appelé ses militants à observer une journée “ville morte” ce lundi 12 mars. La deuxième après celle du 26 février qui s’était soldée par la mort d’un manifestant, tué par les forces de l’ordre. Lundi, le mot d’ordre bien suivi à Conakry, explique toujours Le Djely, avec une activité économique paralysée à Kaloum le centre d’affaires de Conakry, avec des commerces fermés et des banques à la garde renforcée et aux rideaux partiellement tirés.

Ce mardi 15 mars, les manifestations se muent en émeutes, d’après Africa Guinée. Le site relate que des jeunes ont dressé des barricades sur les grands axes routiers très tôt le matin. Pour l’instant, le président Alpha Condé ne s’est pas encore exprimé sur la colère des électeurs. C’est le porte-parole du gouvernement qui a annoncé des efforts de reprise de dialogue avec les syndicats et promet des propositions concrètes pour en finir avec cette crise, rapporte le site.

Sidy Yansané
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