Wednesday, April 24, 2019
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Controverse. L’UE a-t-elle bien fait d’interdire la fusion entre Alstom et Siemens ?

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Controverse. L’UE a-t-elle bien fait d’interdire la fusion entre Alstom et Siemens ?

OUI Une telle fusion est contraire aux règles de l’UE. Si Paris et Berlin ne sont pas d’accord, elles peuvent toujours les changer

– Der Spiegel, Hambourg

Madame la commissaire a du cran, il faut bien l’admettre. Le 6 février, quelques heures seulement avant de mettre officiellement fin aux espoirs d’une fusion des géants du ferroviaire Siemens et Alstom, Margrethe Vestager a assisté aux Journées européennes de l’industrie, une conférence organisée par la Commission européenne, qui tournait principalement autour d’une question : quelle politique industrielle l’Union doit-elle mettre en œuvre à l’avenir pour résister à la concurrence venue entre autres de Chine ?

Ce jour-là, plutôt qu’un discours enthousiaste de la commissaire, beaucoup, à Bruxelles, auraient préféré une autre décision sur le dossier de la fusion Siemens-Alstom. Mais il n’en a rien été. La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, a comme prévu mis son veto au rapprochement. “L’Airbus sur rails” reste jusqu’à nouvel avis au garage.

Les critiques fusent. Pourtant, la décision de Vestager est juste, du moins si l’on applique les règles sur la concurrence en vigueur dans l’UE. Dans le domaine des appareils de signalisation, par exemple, au lendemain de leur fusion, Siemens et Alstom auraient contrôlé jusqu’à 90 % de certains marchés, ce qui aurait naturellement pu entraîner des inconvénients pour les clients. Au niveau national aussi, les autorités de surveillance de la concurrence avaient mis en garde contre une situation de monopole. Malgré tout, les deux sociétés n’étaient pas disposées à modifier sensiblement leurs plans. Vestager n’a donc eu d’autre choix que d’interdire ce rapprochement.

Des critiques un peu trop faciles

Cela a déclenché en Allemagne et en France un feu roulant de critiques des plus faciles. Tant que Vestager brandit la menace d’amendes records pour des entreprises nord-américaines comme Google, elle passe pour une héroïne aux yeux de beaucoup, qui voient alors en elle une candidate idéale au poste de présidente de la Commission après les élections européennes de mai. Mais dès qu’elle invoque les mêmes règles quand il s’agit d’entreprises européennes, la ferveur retombe.

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