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Wednesday, October 16, 2019
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Coupe du monde de rugby : au Japon, tout reste à faire

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La saison de rugby ne s’ouvrira que dans deux mois, mais ce dimanche matin, sur le terrain de sport d’un lycée du centre de Tokyo, quelque 120 élèves, des primaires pour la plupart, font des passes et des plaquages dans la chaleur de l’été.

Créée en 2013, l’école de rugby de [l’arrondissement de] Bunkyo est l’un des 25 clubs de l’agglomération tokyoïte. Kanta Mitake, 12 ans, en est membre depuis ses 6 ans et se prépare à disputer la coupe de la ville en novembre. Kanta a déjà assisté à quantité de matchs au stade Chichibunomiya de Tokyo, le QG du rugby japonais, mais n’a jamais eu l’occasion de voir jouer l’équipe nationale – jusqu’à maintenant. “J’ai super hâte d’assister à la Coupe du monde dans un stade”, s’enflamme-t-il.

Plus de 500 000 supporters étrangers devraient débarquer

C’est sur cet enthousiasme que World Rugby, l’instance faîtière de l’ovalie mondiale, va devoir surfer si elle veut tirer profit de la première Coupe de monde de rugby à se tenir en Asie, dont le coup d’envoi sera donné le 20 septembre à Tokyo. Plus de 500 000 supporters étrangers devraient débarquer dans les semaines qui viennent : la quasi-totalité des 1,8 million de billets mis en vente est déjà partie. World Rugby estime que 40 millions de Japonais (soit un tiers de la population) vont suivre le match d’ouverture à la télévision.

Le défi pour les organisateurs est de profiter de cette flambée de popularité pour jeter une tête de pont en Asie et réitérer le succès de la Coupe du monde de football de 2002, organisée conjointement avec la Corée du Sud. L’événement – c’était la première fois qu’une Coupe du monde de foot avait lieu dans la région – avait été un tournant majeur dans l’histoire du sport asiatique, provoquant un engouement qui perdure encore et grâce auquel le marché du football asiatique pèse aujourd’hui plusieurs milliards de dollars.

Une fenêtre de tir limitée

Le rugby a plus de retard à rattraper. En raison d’une audience plus restreinte à l’échelon national, et à moins d’un an des Jeux olympiques [d’été de 2020, à Tokyo], les organisateurs de la Coupe et les sponsors disposent d’une fenêtre de tir limitée s’ils veulent convertir les foules au ballon ovale.

“C’est la première Coupe du monde de rugby organisée en Asie – à nous de faire en sorte qu’elle soit historique, déclare Akira Shimazu, directeur général du comité organisateur de la Coupe 2019. Le tournoi ne doit pas fédérer uniquement les gens qui jouent déjà, mais aussi les futurs joueurs.”

Le rugby japonais a déjà connu des faux départs, dont le plus grand fut peut-être la victoire “miraculeuse” contre l’Afrique du Sud lors de la Coupe du monde de 2015 en Angleterre.

Le Japon a alors 3 points de retard sur l’Afrique du Sud – l’un des cadors de la discipline – lorsque le match entre dans sa dernière phase de jeu. Les Nippons laissent volontairement passer deux occasions de mettre une pénalité et d’égaliser – ce qui aurait été déjà une belle performance. Et ils tentent le tout pour le tout. Les Brave Blossom [“Bourgeons courageux” de cerisier] assiègent la ligne des Springboks avant d’envoyer le ballon dans les bras du joueur d’origine néo-zélandaise Karne Hesketh, qui marque un essai dans le coin gauche. Explosion de joie. Le Japon a stupéfié l’ovalie.

Des joueurs comme l’arrière Ayumu Goromaru se font alors un nom et le pays s’enflamme pour le rugby. Pour un temps. La fréquentation moyenne des tribunes de la Top League, le championnat du Japon, passe à 6 470 personnes pendant la saison 2015-2016, contre 4 719 l’année précédente. Mais les travées se clairsèment rapidement pour se stabiliser autour de 5 000 spectateurs.

La Fédération n’était pas prête

“[Le match] a braqué les projecteurs du monde entier sur nous, mais on n’a pas su en tirer profit, confesse le directeur de la Fédération japonaise (la JRFU), Kensuke Iwabuchi

[…]

Andrew Sharp et Eri Sugiura
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