Friday, February 22, 2019
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Culture. Tomi Ungerer, artiste juvénile à mort

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Culture. Tomi Ungerer, artiste juvénile à mort

Personne n’a observé le monde d’un regard aussi intègre, et n’en a dressé le portrait en conséquence, que [cet homme] qui l’aimait tant. Il est vrai qu’il en avait éprouvé la cruauté dès l’enfance”, écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). Comme en témoignent les dernières grandes rétrospectives qui lui ont été consacrées à Zurich et à Essen, rappelle le quotidien de Francfort, Tomi Ungerer aura gardé jusqu’à la fin de sa vie “une grâce juvénile” tant dans le trait du dessin que dans le style de l’écriture : il pouvait “mêler allègrement, parfois dans une même phrase, les trois langues maternelle, paternelle et de l’occupant – le français, l’alsacien et l’allemand –, de telle sorte que la force d’expression des mots en était encore rehaussée”.

Après une carrière internationale qui avait démarré aux États-Unis au milieu des années 1950, c’est “un nouveau public européen, tout particulièrement allemand”, qui s’est entiché de ses œuvres dans les années 1970, de son esprit provocateur, mais aussi de son inlassable défense de l’amitié franco-allemande. “D’innombrables affiches en témoignent, tout comme les distinctions qu’il recevra dans les deux pays, la croix du mérite outre-Rhin et la légion d’honneur en France [en octobre dernier]. Ungerer était l’artiste de la réconciliation par excellence.”

Un artiste engagé

Un paradoxe toutefois, souligne la FAZ, car “il n’avait rien de conciliant concernant sa propre vie et son art.” En témoignent son engagement contre la guerre du Vietnam et le racisme aux États-Unis tout autant que ses mémoires et souvenirs d’enfance dont “ni les Allemands ni les Français ne sortaient indemnes (et les Américains encore moins)”.

Tomi Ungerer avait l’assurance de celui qui sait combien il est profondément vulnérable”, affirme Andreas Platthaus, pour l’avoir connu personnellement. Cet homme – qui se définissait comme un “joyeux pessimiste” et avait davantage “foi en l’esprit d’humanité qu’en l’humanité” – laisse quelque 40 000 dessins et esquisses, plus de 140 livres et une trentaine de livres d’enfants traduits en de multiples langues, a recensé Der Spiegel. Et il reste pour toujours présent au Musée qui porte son nom dans sa ville natale de Strasbourg.

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