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Saturday, August 24, 2019
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Economie. En Italie, une crise économique sans fin

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Economie. En Italie, une crise économique sans fin

De toutes les difficultés que connaît l’Italie, aucune n’a davantage d’impact sur les particuliers que la situation économique. À chaque sondage sur la question, nombreux sont ceux qui déclarent que leurs principales préoccupations tiennent aux fins de mois difficiles et à l’emploi. Ce sont des thèmes qui ne relèvent pas de la simple perception, mais qui constituent des problèmes bien réels auxquels les personnes sont confrontées au quotidien.

Selon les derniers chiffres de l’OCDE, le revenu disponible net (RDN) des Italiens – c’est-à-dire hors impôts et cotisations sociales – n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant la crise de 2008. Il reste encore aujourd’hui au niveau de la fin des années 1990. Prendre comme référence le revenu net plutôt que des indicateurs plus courants comme le produit intérieur brut (PIB) permet de mieux connaître ce que les ménages ont réellement en poche.

Les revenus inférieurs à ceux de 2008

En replaçant ces chiffres dans une perspective historique, on constate également que la crise économique de 2008 a été, de très loin, la pire qu’ait connue l’Italie depuis longtemps. Jamais, depuis le début de la Seconde Guerre mondiale, les revenus n’avaient chuté de façon aussi spectaculaire : le choc n’avait pas même été aussi brutal, ni la reprise plus lente, lors de la crise pétrolière des années 1970.

Dans le contexte européen, les problèmes spécifiques de l’Italie sont encore plus flagrants. De tous les grands pays de l’UE, il n’y a qu’en Italie que le revenu disponible moyen n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant la crise : en Espagne il est légèrement supérieur, il l’est encore plus en France et beaucoup plus en Allemagne.

La moyenne des vingt-huit pays de l’UE dessine depuis 2008 une courbe légèrement ascendante, et ce autant pour les pays de la zone euro que pour ceux qui ont conservé leur monnaie. Notre position est donc relativement exceptionnelle sur le continent et nous expose à davantage de risques à l’heure où la croissance économique mondiale semble ralentir, voire marquer un coup d’arrêt.

Une dette colossale

Dans l’ensemble, les pays de l’Union ont profité de la croissance de ces dernières années pour réduire leur dette publique de quelques points, sans pour autant la ramener aux niveaux d’avant 2008. En Allemagne, par exemple, elle a diminué de 17 points de PIB depuis 2010, alors que, parallèlement, le revenu moyen enregistrait une forte croissance.

L’Italie est non seulement le pays le plus fortement endetté – après la Grèce –, mais aussi celui dont la dette a le moins baissé. Après le pic de 2014, où elle avait atteint 131,8 % du PIB, elle n’a diminué au total que de 0,6 % sur trois ans sous les divers gouvernements de centre gauche. Depuis quelques années, même l’Espagne a commencé, fût-ce lentement, à assainir ses finances et à résorber son déficit, ce qui ne semble pas l’avoir empêchée d’afficher un taux de croissance parmi les plus élevés du continent.

Bien entendu, cela ne signifie pas qu’il suffit de réduire le déficit public pour relancer la croissance. Mais le cas espagnol montre que s’attaquer à la dette n’empêche pas d’aller de l’avant. À condition de mettre en œuvre en parallèle les réformes qui s’imposent.

Le fossé se comble avec la Pologne

Au-delà des économies développées, il est intéressant de comparer la situation de l’Italie à celle des pays d’Europe de l’Est, où les gens sont, en moyenne, encore plus pauvres que nous, mais où le fossé se comble rapidement. Il y a déjà en République tchèque et en Pologne, par exemple, plusieurs régions dans lesquelles le niveau de vie est pratiquement le même que dans le sud de l’Italie.

La Grèce constitue un cas à part, puisque c’est le seul pays qui a accusé une détérioration du revenu net bien plus significative que l’Italie. Bien que cette tendance semble s’être inversée depuis peu, il lui reste encore beaucoup de chemin à faire pour retrouver ses niveaux d’avant la crise.

L’économie souterraine comprise dans les statistiques

Le monde ne se limite toutefois pas à l’Europe. Un peu plus à l’est, comparons par exemple le revenu disponible des Italiens, et son évolution, à celui des Russes, somme toute assez semblable à celui de beaucoup d’autres pays de l’Est, et très proche de celui des Grecs aujourd’hui. Il n’a guère progressé au cours de ces dernières années, et serait même en recul depuis quelque temps.

La Corée du Sud a en revanche enregistré une tendance inverse : le revenu moyen, très faible dans les années 1970 – de moins d’un tiers du RDN italien – n’a depuis lors jamais cessé d’augmenter et a même récemment dépassé le nôtre.

Comme le prévoient les normes statistiques internationales, ces chiffres comprennent le poids estimé – dans la mesure du possible – de l’économie souterraine et de certaines activités illicites, ce qui devrait contribuer à dresser une comparaison plus précise des données entre différents pays.

Davide Mancino
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