Éthiopie : le Parlement adopte une nouvelle loi électorale

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Le Parlement éthiopien a adopté le 24 août une nouvelle loi électorale marquant une étape clé vers les élections prévues en mai 2020, même si les contraintes sécuritaires et logistiques continuent à faire peser un doute sur leur tenue.

Lors d’une « session d’urgence » dans la matinée, les parlementaires ont adopté une nouvelle loi sur les élections et les partis politiques, a annoncé la radio-télévision Fana BC, proche du pouvoir.

Les élections législatives, à l’échelon fédéral et régional, sont actuellement prévues en mai 2020. Le Premier ministre, Abiy Ahmed, entré en fonction en avril 2018, a promis qu’elles seraient « libres », « justes » et « démocratiques ».

Elles doivent marquer une nouvelle étape dans les réformes impulsées par Abiy Ahmed, qui a notamment libéré des prisonniers politiques, levé l’interdiction pesant sur certains partis politiques et signé un accord de paix avec l’Érythrée.

Contexte sécuritaire troublé

Lors des élections de mai 2015, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), la coalition qui dirige l’Éthiopie depuis 1991, avait raflé l’ensemble des 547 sièges de la chambre basse du Parlement. Début août, le comité exécutif de l’EPRDF s’est engagé à ce que les élections aient lieu l’an prochain.

Abiy Ahmed a également soutenu ce calendrier lors d’une récente conférence de presse, mais aussi promis que les partis d’opposition auraient leur mot à dire sur la date définitive de ces élections.

De nombreux acteurs politiques, membres de la société civile et diplomates ont mis en doute la capacité de l’Éthiopie à organiser ces élections à la date prévue, en raison du contexte sécuritaire.

L’Éthiopie traverse une crise politico-ethnique, marquée par des violences intercommunautaires et l’assassinat fin juin de cinq hauts responsables, dont le chef d’état-major de l’armée et le président de la région amhara.

Certains partis politiques ont également fait valoir que les élections ne devraient pas avoir lieu tant que le pays n’aura pas procédé à un nouveau recensement, ce qui apparaît très improbable, selon les analystes.

Samedi, les parlementaires ont notamment rejeté une clause qui prévoyait qu’un siège de député soit automatiquement attribué à une femme dans le cas où elle serait arrivée à égalité avec un homme à l’issue des élections.

A contrario, ils ont approuvé une disposition requérant qu’un parti politique national ait au moins 10 000 adhérents, et un parti régional 4 000.

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