Monday, May 21, 2018
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Fake news : Unilever menace Facebook et Google de boycott publicitaire

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Fake news : Unilever menace Facebook et Google de boycott publicitaire

Un des plus gros budgets publicitaires au monde menace les géants d’Internet de boycott. Unilever, l’empire de biens de grande consommation, annonce qu’il pourrait “retirer ses annonces des plateformes numériques qu’il accuse d’être devenues un ‘marécage’ de fake news, de racisme, de sexisme et d’extrémisme”, rapporte CNN.

“Nous ne pouvons pas continuer à soutenir une chaîne d’approvisionnement en contenus où la transparence est aussi bonne que dans un marécage”, annoncera le directeur commercial d’Unilever Keith Weed ce 13 février lors d’une conférence sur la publicité en Californie, dont le discours a fuité dans les médias. Et : “Il est dans l’intérêt des médias numériques d’entendre cela et d’agir.”

Les revenus publicitaires cruciaux pour Facebook et Google

Cet avertissement lancé en direction de Google et de Facebook a de quoi inquiéter les colosses d’Internet, explique le site : Unilever, propriétaire entre autres des marques Dove, Lipton, et Ben & Jerry’s, dispose d’un budget marketing annuel de 8 milliards d’euros. Près de 25 % de cette manne financière sont investis dans le marché de la publicité en ligne. Google et Facebook, de leur côté, dominent largement ce marché. En 2017, ils ont raflé plus de 60 % des dépenses dans le secteur.

Mais les deux se trouvent régulièrement au centre de critiques sur la nature des contenus mis en avant. “Google a déjà été rappelé à l’ordre par des entreprises qui avaient découvert que leurs publicités accompagnaient des vidéos inacceptables sur la plateforme YouTube”, rappelle CNN, “tandis que Facebook a subi un feu nourri de critiques pour avoir favorisé les fake news, les bulles de filtres, l’ingérence dans les processus électoraux d’autres pays et l’addiction aux réseaux sociaux.”

Le message adressé aux réseaux sociaux, explique le site The Crunch, est donc le suivant : Facebook et Google ont un devoir de “responsabilité sociale” et sont donc priés de créer de la confiance et de la transparence en ligne afin d’éviter que la réputation de leurs annonceurs ne soit entachée.

Avec Unilever, c’est le premier poids lourd de la publicité qui rejoint la lutte contre les contenus toxiques en ligne. Plusieurs pays européens font pression pour que Facebook crée des outils pour empêcher la diffusion de publications problématiques. Enfin, comme dernière initiative en date, l’Allemagne a adopté une loi contre la haine sur les réseaux sociaux début 2018.

Carolin Lohrenz
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