Sunday, August 19, 2018
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Festival de Cannes. “Heureux comme Lazzaro”, un “Forrest Gump” italien touché par la grâce

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Festival de Cannes. “Heureux comme Lazzaro”, un “Forrest Gump” italien touché par la grâce

“Plus de dix minutes d’applaudissements” : à l’instar d’ll Fatto Quotidiano, le reste de la presse italienne n’a pas manqué de souligner le succès d’Heureux comme Lazzaro lors de sa présentation à Cannes, le dimanche 13 mai. Une ovation d’autant plus appréciable pour sa réalisatrice que “le montage du film n’a été achevé que le mercredi précédent”.

À 36 ans, Alice Rohrwacher est une habituée de la Croisette : son premier long-métrage, Corpo Celeste, avait été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs en 2011, et son deuxième, Les Merveilles, a remporté en 2014 le Grand Prix du festival. Comme le décrit le quotidien, le personnage principal de son nouvel opus est une sorte de Forrest Gump à l’italienne, un “individu candide, qui porte un regard bienveillant sur toute chose”.

Ce Lazzaro qui donne son titre au film vit au départ dans une communauté rurale du Latium encore soumise à la mezzadria – un système de métayage “féodal, qui n’a été aboli par la loi qu’en 1982”, explique le journal. Miséreux, les cultivateurs de son village vivent soumis au bon vouloir d’une famille noble qui les traite comme des “esclaves modernes”.

Malgré l’exploitation, malgré les moqueries dont il est victime, Lazzaro rayonne de bonté et de générosité. Il en sera toujours ainsi dans la seconde partie de ce diptyque, où il continue d’apparaître sous les traits d’un jeune homme solaire (ceux de l’acteur Adriano Tardiolo) quand tous ses proches ont vieilli de vingt ans.

L’exploitation sous d’autres formes

Les paysages ont changé eux aussi : Lazzaro et les siens vivent désormais en ville. Ils sont toujours exploités, mais d’une autre manière, plus insidieuse, rapporte le journal, qui cite les propos de la réalisatrice :

Tout change mais rien ne change. Lazzaro est un personnage de mélodrame classique chez qui quelque chose se casse, un peu comme dans notre pays.”

Poétique, riche en métaphores, Heureux comme Lazzaro confirme la place de premier plan de Rohrwacher dans un cinéma italien en pleine renaissance. “Film aux ramifications multiples même si imparfait, ‘farfelu’ (de l’aveu même de la réalisatrice) dans sa liberté, il […] bouillonne d’idées.” Et laisse les spectateurs enchantés.

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