Friday, September 21, 2018
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Gare aux apprentis sorciers de l’ADN !

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Gare aux apprentis sorciers de l’ADN !

Keoni Gandall avait déjà un super laboratoire dans sa chambre de Huntington Beach, en Californie, quand il était adolescent. Pendant que ses amis achetaient des jeux vidéo, il s’offrait du matériel – un transilluminateur [table fluorescente qui permet de visualiser des molécules], une centrifugeuse et deux thermocycleurs [appareil permettant de dupliquer une séquence d’ADN en grand nombre], entre autres – pour s’adonner à un hobby qui était auparavant la chasse gardée de chercheurs en blouse blanche officiant dans les labos institutionnels.“Je voulais tout simplement cloner de l’ADN avec mon robot et si possible fabriquer des génomes entiers à la maison”, se souvient-il. Keoni Gandall était loin d’être le seul. Voilà quelques années que, à travers le pays, des “biohackeurs” se sont mis à l’édition de gènes. Le matériel étant plus abordable et les techniques d’édition génétique, essentiellement CRISPR-Cas9*, plus largement partagées, les “scientifiques citoyens” se lancent dans la reconfiguration génétique, d’une manière surprenante.

Pour l’instant, leurs entreprises ne sont guère plus que du bricolage raté. Il y a un an, un biohackeur s’est injecté de l’ADN modifié lors d’une conférence, dans l’espoir de devenir plus musclé (ça n’a pas marché). Au début de l’année, lors de la BodyHacking Con d’Austin, au Texas [un événement rassemblant des adeptes du transhumanisme], un cadre dirigeant du secteur des biotechnologies s’est injecté une substance qui devait guérir l’herpès (verdict : raté). Sa société avait déjà diffusé en direct sur Internet une vidéo d’un homme s’injectant un traitement maison contre le VIH (sa charge virale a augmenté).

De possibles dégâts

Keoni Gandall a aujourd’hui 18 ans et est attaché de recherche à l’université Stanford. Tout ce qu’il souhaite, nous explique-t-il lors d’un entretien, c’est que les techniques d’édition de gènes soient en libre accès, car il est convaincu que les découvertes dans les biotechnologies viendront peut-être à l’avenir de cerveaux les plus inattendus.

Il s’empresse cependant de reconnaître que la révolution du bricolage génétique risque un jour de tourner à la catastrophe. “Même moi, je peux vous dire que la réglementation relative à la synthèse de l’ADN n’est pas assez bonne, confie-t-il. Ces règles ne marchent pas quand tout est décentralisé, quand tout le monde a un synthétiseur d’ADN sur son smartphone [ce qui n’existe pas pour le moment].”

La plus grande crainte, c’est que quelqu’un, quelque part, utilise le génie génétique pour créer une bioarme.

Une équipe de l’université d’Alberta a déjà recréé de toutes pièces le virus de la variole équine, une parente disparue de la variole, en six mois seulement, sans

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Emily Baumgaertner
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