Tuesday, July 17, 2018
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Iran. Prudence des entreprises européennes face aux sanctions américaines

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Iran. Prudence des entreprises européennes face aux sanctions américaines

Cinquième exportateur mondial de pétrole et détenteur des deuxièmes réserves mondiales de gaz, l’Iran offrait jusque-là des perspectives intéressantes pour les entreprises du secteur, rappelle le Wall Street Journal. Mais, après la décision de Washington d’imposer à nouveau des sanctions à ce pays, “les firmes européennes commencent à renoncer à leurs investissements et à abandonner leurs engagements” en Iran, note le quotidien financier américain.

Le français Total a ainsi annoncé le 16 mai qu’il se retirera de la République islamique si les États-Unis ne lui accordent pas une dérogation pour continuer ses activités sur place. Le groupe est devenu le plus gros investisseur dans le secteur de l’énergie en Iran après l’allégement des sanctions en 2016, indique le Financial Times. Il a en effet signé en juillet 2017 un contrat pour un grand projet gazier : le développement, avec le chinois CNPC, de la phase 11 du champ Pars Sud.

Les Chinois prendront la relève

Quelques heures après cette annonce de Total, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, a indiqué que le groupe chinois remplacera le groupe français en cas de retrait et prendra ses parts (50,1 %). “Si CNPC part à son tour, il restera la société iranienne Petropars”, a-t-il déclaré, selon l’AFP.

Total n’encourt pas de sanctions pour ses activités en Iran, précise le Financial Times, mais il risque d’être pénalisé indirectement sur le sol américain. Car des banques américaines sont impliquées dans plus de 90 % des opérations de financement du groupe, précise le journal de la City.

Le groupe français n’est pas le seul industriel européen à avoir misé sur l’Iran. Airbus, Siemens ou encore Renault font face à des risques similaires, souligne le Financial Times.

Des cargaisons difficiles à assurer

Selon le Wall Street Journal, le groupe allemand Wintershall s’inquiète de ne pouvoir trouver les financements nécessaires à ses projets pétroliers en Iran, en raison de la forte présence de BASF, sa maison mère, sur le sol américain.

Dans le domaine du transport maritime, les danois Maersk et Torm n’acceptent plus de nouvelles commandes de livraison de pétrole iranien, indique le journal. Le suisse MSC a lui aussi annoncé qu’il se retirait de ce marché. Les compagnies d’assurances revoient également leur politique. Les sanctions américaines “vont avoir un impact considérable” sur la possibilité d’assurer les cargaisons de pétrole iranien, déclare Andrew Bardot de l’International Group of Protection and Indemnity Clubs au quotidien américain.

Catherine Guichard
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