La mission de l’ONU en République démocratique du Congo (la Monusco) est sur le départ. Après quinze ans de présence, ce programme qui, avec quelque 20 000 hommes, est l’un des plus importants au monde, amorcera un retrait de ses effectifs en 2015, a annoncé le 4 décembre le représentant spécial des Nations unies pour la RDC, Martin Kobler. Les troupes combattantes devraient être parties au plus tard en juin 2016.

Mission accomplie, alors ? « La pacification et la restauration de l’autorité de l’Etat dans l’est de la RDC sont loin d’être effectives », commente Le Potentiel, et pourtant « la Monusco va bientôt entamer le processus de retrait de ses effectifs. […] Ça sent le roussi. »

Cette décision paraît incompréhensible, juge le journal congolais, voire suicidaire « pour le peuple meurtri non seulement du Nord-Kivu, mais aussi des provinces du Sud-Kivu, du Katanga et de la Province orientale ». D’autant plus que « depuis plusieurs semaines, l’ONU s’inquiète […] d’une nette dégradation de la sécurité dans l’ensemble de la province du Nord-Kivu ». Depuis plus de vingt ans, cette région est déchirée « par des conflits alimentés par des divisions ethniques, des querelles foncières et l’appétit que suscitent les abondantes richesses naturelles de la région ».