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Sunday, August 18, 2019
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La fin des blogs, Trump et ses pubs, Elon nous prend la tête et l’appli venue du froid

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Que sont-ils devenus, les Markos Moulitsas, les Eric Boehlert ou les Jerome Armstrong, les blogueurs progressistes et ô combien vénéneux des années 2000 ? Ces iconoclastes qui avaient eu le cran de traiter Barack Obama, saint Barack Obama, de “branleur du jour” à cause de ses compromis avec la droite ? Alors que le Parti démocrate se demande quel visage, radical ou modéré, montrer aux électeurs l’année prochaine pour tenter d’évincer Donald Trump de la Maison-Blanche, le magazine Politico narre la belle époque, pendant l’ère Bush, où tous les candidats aux primaires se bousculaient pour participer au débat du fameux Yearly Kos, le club des chroniqueurs acerbes du web. Cette année, quatre seulement des 24 candidats en lice ont pris part au débat organisé par Netroots Nation, dernier vestige de la “blogosphère” américaine. On pourra incriminer l’essor de Twitter et de Facebook dans le déclin des pamphlétaires, mais Politico parle surtout de la reprise en main idéologique par l’establishment du parti et de l’isolement progressif des dissidents démocrates.

Immigration, le sujet en or

Pour comprendre la stratégie de réélection de Donald Trump, il suffit, comme Axios l’a fait, d’observer ses achats de publicité sur Facebook. Ses dépenses en messages sur le sujet de l’immigration sont près de quatre fois plus importantes que celles de tous les candidats démocrates réunis. Cette campagne s’adresse tout particulièrement aux électeurs vieux et blancs, et, surprise, un peu aux électeurs vieux et… latinos. En cliquant sur “Vamos !” dans ces pubs en espagnol, on peut marquer, par exemple, son refus du regroupement familial offert aux immigrés légaux. Trump mise sur une mince frange de l’électorat hispanophone qui souhaite fermer la porte aux nouveaux arrivants venus d’Amérique centrale.

Les raids en ligne

Puisqu’on parle d’immigration. L’Immigration and Customs Enforcement (ICE), la police fédérale spécialisée dans la traque et l’arrestation des étrangers en situation irrégulière, dispose d’un allié sérieux dans la Silicon Valley. Peter Thiel, cofondateur de PayPal et l’un des rares partisans de Donald Trump dans le monde de la tech, a fourni à l’ICE une application qui facilite extraordinairement l’identification et la localisation des clandestins grâce au croisement instantané de dizaines de fichiers et bases de données. Développé dans le plus grand secret par Palantir, la firme de Peter Thiel, le logiciel Falcon Mobile a permis de décupler le nombre d’interpellations de sans-papiers entre 2017 et 2018 sur leur lieu de travail, révèle la radio publique new-yorkaise WNYC.

Cerveaux branchés

Elon Musk, le patron de Tesla, ne se contente pas d’électrifier les voitures, sa start-up Neuralink se charge de connecter les cerveaux à des ordinateurs. Bloomberg décrit affectueusement un gros rat batifolant dans une cage vitrée pleine de copeaux de bois et de parmesan, au fond d’un laboratoire secret de la Silicon Valley, tandis que ses ondes cérébrales et ses mystérieuses pensées de rongeur sont transmises à un ordinateur. Neuralink espère ainsi permettre à des humains paralysés de taper des courriels au rythme de 40 mots par minute ou de naviguer sur le web grâce à leurs seules impulsions cérébrales. L’innovation repose sur deux exploits technologiques et chirurgicaux. Des fils trois fois plus minces qu’un cheveu, sertis d’électrodes minuscules, sont insérés dans le cerveau par un robot équipé d’un système de guidage optique inédit qui évite les vaisseaux sanguins et réduit les risques d’apparition de tissus cicatriciels. Neuralink imagine, dans le futur, l’apprentissage éclair de langues étrangères grâce à ce genre d’implants, et pourquoi pas la communication par télépathie.

FaceApp et Moscou

Cette appli, à partir d’une simple photo de votre minois juvénile, peut vous représenter tel que vous serez dans trente ans, mais elle donne aussi des cheveux blancs aux démocrates du Congrès. FaceApp, téléchargée par 86 millions d’internautes depuis son lancement au printemps 2017, se trouve être le fruit du génie informatique russe, ce qui, à l’approche de la présidentielle américaine, suscite des spéculations angoissées. Le souvenir de l’ingérence de Moscou dans les élections de 2016 réveille la crainte de voir les données des utilisateurs atterrir dans les ordinateurs du GRU, aimable successeur du KGB, et nourrir une nouvelle campagne d’intox politique en 2020.

Le risque est-il plus grand que pour les milliards d’abonnés de Facebook ou Twitter ? s’interroge The Atlantic dans un long article sur le galvaudage mondial des informations personnelles. Le Parti démocrate a interdit à ses salariés de s’amuser avec FaceApp, raconte aussi Business Insider, et les élus anti-Trump trouvent dans cette polémique l’occasion rêvée de rappeler l’aide que les Russes ont offerte au président il y a trois ans. En attendant, l’application a été téléchargée 12,7 millions de fois depuis le 10 juillet, date des premières mises en garde des élus. C’est 26 fois plus que d’habitude.

Chers lecteurs, la Lettre tech fait une pause estivale. Elle sera de retour le 6 août!

Philippe Coste
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