Friday, April 26, 2019
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La lettre tech. Les flics contre Google, la grande leçon des Émojis, Airbnb vous transporte et un amour nommé Bezos

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La lettre tech. Les flics contre Google, la grande leçon des Émojis, Airbnb vous transporte et un amour nommé Bezos

Pas contents. Pas contents du tout. Les policiers de New York viennent de donner leur point de vue aux petits génies de la Silicon Valley, en expédiant une lettre de mise en demeure à Google, coupable, aux yeux du fameux NYPD, de “complicité avec les délinquants de la route”. Les agents ont découvert dans un article du site Streetblog que les utilisateurs de l’appli de navigation Waze, filiale de Google, pouvaient tuyauter d’autres internautes sur l’emplacement des radars et surtout, en temps réel, sur la présence de contrôles d’alcoolémie sur leur route, grâce à une sorte d’amusant Émoji représentant un policier moustachu.

59 nuances d’Émoji

Puisqu’on parle d’Émojis, saluons la nouvelle foison d’adorables petites icônes qui cette année va égayer nos smartphones. Le Consortium Unicode, cette association fondée par les grands de la Silicon Valley, régit les langages et les signes utilisables sur l’Internet. Cette académie du réseau social vient d’autoriser 59 nouveaux petits symboles, pour beaucoup d’entre eux illustrant le thème de l’intégration et de la solidarité. Dans le lot, on remarque la chaise roulante, une prothèse, un chien d’aveugle – hommages à l’accueil des handicapés – et cette image d’un couple se tenant par la main, déclinée en 171 versions, combinant les sexes et une riche palette de nuances de couleurs de peau.
Google et le site de rencontre Tinder, membres du conseil d’administration du consortium, ont particulièrement contribué, selon le New York Times, à ces symboles identitaires ; autant que Jennifer 8 Lee, une dirigeante du “sous-comité des Émojis” chez Unicode, et fondatrice d’Emojination, un mouvement qui promeut la notion d’inclusion dans les Émojis. “Les gens veulent voir des cheveux frisés, des crânes chauves, des couleurs et des hidjabs, explique-t-elle dans le New York Times. Ils veulent se représenter eux-mêmes dans le monde des Émojis.”

Angela sur les places de village

Son arrivée, en 2014, confirmait l’apogée d’Apple. Angela Ahrendts, ex-directrice générale et sauveteuse de la vieille marque de prêt-à-porter Burberry, avait été embauchée par le roi des iPhone et iPad pour insuffler sa magie commerciale à un réseau mondial de 500 magasins à l’enseigne de la pomme, rappelle le Financial Times. Elle prend son congé cette semaine, cinq ans plus tard, au moment où le géant de la tech accuse un ralentissement de ses ventes, et, malgré ses efforts, un désamour pour ses légendaires points de vente.
L’attente y était peut-être trop longue. Le Washington Post cite un analyste qui déplore “que ces dernières années on ne voyait plus de queues, de gens coucher devant les magasins pour acheter un nouveau smartphone. L’une des explications, prétend-il, serait que les gens se sont trop habitués aux Apple Stores. Ils fascinent moins.” Face à la montée des ventes en ligne d’iPhone, Angela Ahrendts a multiplié les initiatives pour tenter, selon ses propres mots, de capter “l’énergie humaine”, de générer l’affluence en rebaptisant bizarrement les magasins “Town Squares”, des “places de village” dévolues à l’animation culturelle et aux rencontres. L’Apple Store -forum civique n’a pas fait recette.

Sur la terre comme au ciel

Même le magazine Forbes ne peut élucider le mystère qui entoure la nouvelle recrue d’Airbnb : rien de moins que Fred Reid, ponte du business du voyage, mais surtout fondateur de la compagnie aérienne Virgin America, qui est ainsi promu à la tête d’une nouvelle division transport du roi du bed and breakfast en ligne. Aurait-il l’intention d’asseoir ses millions d’invités dans des avions judicieusement estampillés “Airbnb” ? La firme, évaluée aujourd’hui à 31 milliards de dollars, dément vouloir créer sa propre compagnie aérienne, mais ne cache pas depuis quelques mois son envie d’élargir son champ d’action, peut-être pour bouleverser un jour le business de la réservation en ligne. Une occasion de plus de demander ce que signifie “Air” dans “Airbnb”. Selon Forbes, il aurait pu s’agir, au début, “d’une allusion aux matelas gonflables que des hôtes pouvaient proposer à leurs invités”. Les temps ont visiblement changé.

Jeff, ce héros

Vanity Fair est l’un des rares organes de presse américains, cette semaine, à ne pas donner dans la compassion sirupeuse à l’égard de Jeff Bezos, patron d’Amazon et première fortune mondiale. L’homme aux 137 milliards était souvent décrit comme un titan dominateur peu sensible au sort des salariés de ses entrepôts. Le voilà érigé en héros national. Bien qu’il possède le Washington Post, un journal détesté par Donald Trump, Bezos a préféré révéler lui-même, dans un blog sur le site indépendant Medium, une tentative d’extorsion et de chantage perpétrée contre lui par le très vilain magazine The National Inquirer, notoirement proche du président.
Vanity Fair, non sans humour, se contente d’analyser l’empathie générale envers Jeff-la-victime. Selon le magazine, elle tient à l’instrument de chantage utilisé par le National Inquirer : la menace de publier de triviales photos de Bezos surpris débraillé, en slip comme une personne lambda ; une atteinte basique à la vie privée à laquelle le commun des mortels peut s’identifier.

Philippe Coste
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