Monday, October 15, 2018
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La lettre tech. Liberté virtuelle, délires d’Elon Musk et retour des Russes en ligne

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La lettre tech. Liberté virtuelle, délires d’Elon Musk et retour des Russes en ligne

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Ils devaient finir leurs jours en prison. Alors imaginons l’importance que revêtent leurs rares permissions de sortie, même si elles ont lieu au travers de lunettes de réalité virtuelle. Sur les 2,3 millions de détenus dans les prisons américaines, un record mondial par habitant, 162 000 purgent la perpétuité. Et parmi ces derniers, 2 000 prisonniers ont été condamnés à la prison à vie sans possibilité de libération anticipée alors qu’ils étaient encore mineurs, souvent âgés de 15 ou 16 ans. Or la Cour suprême, en 2012, a jugé inconstitutionnel ce cruel déni d’espoir. La plupart des sentences infligées aux mineurs ont été commuées en “perpétuité simple”, ce qui oblige les autorités pénitentiaires à préparer des centaines de taulards emprisonnés depuis plus de vingt-cinq ans à une éventuelle et très hypothétique remise en liberté.

En 2015, bien avant la sortie des casques Oculus à moins de 400 dollars, les États de Pennsylvanie et du Colorado ont commencé à profiter de la baisse des prix des équipements de réalité virtuelle pour les utiliser lors de leurs classes de réinsertion. Les détenus, filmés pour la première fois par Vice News fin 2007, peuvent ainsi visiter leur futur foyer de liberté conditionnelle, laver du linge dans un Lavomatique, déambuler dans la foule des centres commerciaux ou apprendre à désamorcer les petits conflits de la vie quotidienne. Nicole Lewis, journaliste de l’excellent site The Marshall Project, consacré au système judiciaire, rapporte les propos d’un détenu ému aux larmes après une “sortie” dans un supermarché. “Qu’est-ce qui a changé encore depuis vingt-cinq ans ?” demande-t-il.

Agressions sexuelles

Suivies dans le monde entier, les auditions au Sénat du juge Brett Kavanaugh (pour la confirmation de sa nomination à la Cour suprême) et de sa victime présumée Christine Blasey Ford (qui l’accuse de l’avoir autrefois agressée) ont au moins rappelé la misogynie sauvage qui régnait dans les universités et les écoles pendant leur jeunesse. Si les mœurs masculines font toujours débat, les femmes disposent aujourd’hui, grâce à Internet, de nouveaux moyens de dénoncer les prédateurs. Le Washington Post raconte que des dizaines d’universités recourent à l’appli Callisto, un site qui permet de rédiger une plainte datée pour un possible usage officiel et compilée dans une base de données encryptée.

La victime peut alors transmettre son texte à la direction de l’établissement ou choisir de le garder secrètement en réserve. Le logiciel l’alerte automatiquement, ainsi que les autorités, si le même individu est mis en cause dans une autre plainte reçue par le site. Jess Ladd, fondatrice de Callisto, elle-même agressée quand elle était étudiante, voulait prendre en compte les scrupules des jeunes femmes à dénoncer des garçons qu’elles connaissent, en leur permettant de distinguer un simple dérapage des cas de récidives inexcusables. “Il faut parfois du temps pour réaliser qu’un acte était répréhensible, explique-t-elle. Une femme peut se dire que ce gars est quand même un type bien et se demander si cela vaut la peine de ruiner sa vie.”

Les délires d’Elon Musk

Le monde du business regarde en serrant les dents l’impossible Elon Musk toucher le fond du délire et mettre en péril la survie de ses entreprises. Poursuivi par la Securities and Exchange Commission pour fraude, et surtout négligence, Musk s’est distingué en refusant un accord fort amiable proposé par les autorités financières. Le voilà déchu de la présidence de Tesla, et maintenu in extremis dans son rôle de directeur général du fabricant de voitures électriques. Un miracle, après une série de frasques qui l’ont vu fondre en larmes et fumer un joint pendant des interviews télévisées, traiter de pédophile un pompier engagé dans le sauvetage d’écoliers dans une grotte de Thaïlande et révéler que la valeur proposée pour sortir Tesla de la Bourse, 420 dollars l’action, s’inspirait d’un nom de code pour le cannabis, clin d’œil à sa facétieuse petite amie.

Le site Mental Floss explique doctement l’origine du fameux 420, mais le Wall Street Journal, déjà en juin dernier, sonnait le glas de l’ère des superhéros intouchables de la Silicon Valley. Quelques jours plus tôt, un éditorial du New York Times comparait Musk à Donald Trump. Ce dimanche 30 septembre, Bloomberg raconte que le patron malmené a lancé une offensive générale de contact client dans les concessions Tesla. “Oubliez tout ce qui peut vous distraire, ordonne-t-il, sans rire, à son personnel. Il nous faut passer un week-end difficile.”

Hackers russes

Pendant ce temps-là, assure Techcrunch, les hackers russes s’en donnent à cœur joie, cette fois, ironie, en recourant à un logiciel tout à fait légal destiné d’ordinaire à localiser les ordinateurs volés. Une fois installé dans la machine, le programme communique avec l’extérieur et reste, comme il se doit, difficile à détecter et plus encore à neutraliser.

Ensuite, à en croire le New York Times, le Kremlin, tout à sa stratégie de division et de désinformation, ne cache même pas ses liens avec un nouveau site nommé USA Really. Wake Up Americans !, qui propage son lot de n’importe quoi dans un anglais approximatif et tente d’aviver les tensions dans la société américaine par un traitement caricatural des sujets d’actualité.

Produit à Moscou, dans des bureaux ornés d’un portrait de Donald Trump et d’un drapeau confédéré, USA Really, cousin des sites RT News et Sputnik, provoque les conjectures de la presse et des services de renseignements car il a été ostensiblement fondé par des individus liés au gouvernement de Poutine et, pour certains, inculpés pour leur rôle dans les piratages et les désinformations survenus pendant la présidentielle de 2016. S’agit-il d’une provocation qui permettrait aux amis de Moscou de crier à la censure, s’interroge le New York Times ? Ou d’un leurre pour cacher une nouvelle campagne de fake news plus insidieuse encore avant les élections de mi-mandat du 6 novembre ?

Philippe Coste
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