Tuesday, July 17, 2018
Home Technologie La mémoire transférée d’un escargot à un autre

La mémoire transférée d’un escargot à un autre

0
78
La mémoire transférée d’un escargot à un autre

Une étude suggère que la mémoire peut être transmise d’un escargot de mer à l’autre grâce à l’injection d’ARN, le messager qui permet la production de protéines à partir des informations fournies par l’ADN. L’équipe californienne a publié ses résultats le 14 mai sur eNeuro, la revue en ligne de la Société des Neurosciences.

“Les chercheurs ont stimulé la queue d’une espèce d’escargot marin appelé Aplysia avec des petits chocs électriques”, explique le site d’informations scientifiques Science Daily. En réponse aux chocs, les escargots contractent leur queue. C’est un réflexe défensif qui dure généralement une seconde.

Les mollusques ont été soumis à un “entraînement” : “[Ils] ont reçu cinq chocs, un toutes les vingt minutes, puis cinq autres vingt-quatre heures plus tard”, détaille le site. À la suite de quoi les chercheurs ont constaté que leurs sujets d’étude contractaient leur queue plus longtemps, en moyenne pendant cinquante secondes.

Entraînement aux stimulations électriques

Au lendemain de la deuxième série de chocs, les scientifiques “ont extrait l’ARN du système nerveux des escargots marins” et l’ont injecté dans 7 escargots de la même espèce qui n’avaient pas reçu de stimulation électrique. Ces derniers “se sont comportés comme s’ils avaient reçu des chocs à la queue”, avec des contractions d’en moyenne quarante secondes. Cité par Science Daily, David Glazman, directeur de l’étude, affirme :

C’est comme si on avait transféré la mémoire.”

Grâce à d’autres expériences menées cette fois sur les cellules neuronales (in vitro) et non sur l’animal, les chercheurs ont observé que l’ARN augmentait l’excitabilité des neurones sensitifs, les cellules qui reçoivent les stimuli externes, mais pas celle de neurones moteurs des escargots.

“Dans le domaine des neurosciences on a longtemps pensé que la mémoire était conservée au niveau des synapses”, les régions où les neurones entrent en contact et communiquent, remarque Science Daily. Mais si c’était le cas, “notre expérience n’aurait eu aucune chance de marcher”, observe David Glazman.

Un bon modèle animal

Le système nerveux central de l’escargot marin se compose d’environ 20 000 neurones. C’est bien moins que celui des humains, qui en comptent environ 100 milliards. Néanmoins, Aplysia est considéré comme un bon modèle pour l’étude des phénomènes d’apprentissage. “Les processus cellulaires et moléculaires entre les escargots marins et les humains semblent très sembables”, explique Science Daily.

Les auteurs de l’étude imaginent qu’à l’avenir l’ARN pourrait être utilisé pour restaurer les souvenirs perdus en raison de pathologies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer, ou pour le traitement des symptômes liés au stress post-traumatique.

Translate »