Tuesday, August 14, 2018
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La presse tchèque pleure Miloš Forman, le cinéaste de l’authenticité

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La presse tchèque pleure Miloš Forman, le cinéaste de l’authenticité

“Une des plus grandes figures de l’histoire du cinéma tchèque et mondial s’est éteinte”, titrait sobrement samedi 14 avril l’agence de presse tchèque ČTK.

Émissions spéciales, rediffusions d’entretiens dans un tchèque qu’il avait conservé excellent, et bien entendu, aussi, de ses meilleurs films : à Prague, les chaînes de télévision et de radio ont chamboulé leurs programmes dès l’annonce du décès de Miloš Forman. Depuis les succès de ses films oscarisés Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975) et Amadeus (1984), le cinéaste comptait parmi les Tchèques les plus célèbres par-delà les frontières de Bohême et de Moravie.

La nouvelle vague tchécoslovaque

En cette année 2018 très spéciale pour les Tchèques – marquée par le centenaire de la création de l’État tchécoslovaque, le 70e anniversaire de la prise du pouvoir par le parti communiste, le cinquantenaire de l’invasion du pays par les troupes du pacte de Varsovie et le 25e de la partition de la Tchécoslovaquie –, les médias se souviennent aussi de ses premiers longs-métrages qui, dans la Tchécoslovaquie grise et hermétique des années 1960, ont marqué l’émergence d’un courant cinématographique communément désigné sous l’appellation de “nouvelle vague tchécoslovaque”. Les comédies L’As de pique (1963), Les Amours d’une blonde (1965) et Au feu, les pompiers ! (1967) restent ses trois grands chefs-d’œuvre réalisés en Tchécoslovaquie avant son émigration.

“On a coutume de dire que la faculté d’adaptation est un signe d’intelligence, et c’était une de ses caractéristiques”, remarque le site d’information de la Télévision tchèque.

Forman a été un réalisateur tchécoslovaque et européen en Tchécoslovaquie, puis il est devenu un réalisateur américain en Amérique”

“Il a réussi dans des cinémas aussi différents que les cinémas tchécoslovaque et américain tout en restant lui-même”, peut-on lire également.

Apôtre de l’authenticité

Miloš Forman était aussi un ami de jeunesse de l’ancien président, dramaturge et dissident Václav Havel. “Ils avaient une chose en commun : tous deux étaient extraordinairement obstinés, travailleurs, ils adoraient l’humour et ne supportaient pas l’hypocrisie”, rappelle Aktualne.cz. Le site, qui se penche sur la personnalité du cinéaste dont la jeunesse a été marquée par la déportation de ses parents à Auschwitz, se souvient :

Forman était convaincu que le cinéma n’existe que par l’authenticité, c’est pourquoi il tournait le plus souvent dans les conditions du réel avec des non-acteurs. Il était obsédé par la perfection et la vérité à l’écran. Les communistes au pouvoir, que la vraie vie n’intéressait pas et qui ne voyait dans le cinéma qu’un moyen de propagande, l’ont aidé à se convaincre de la chose.”

“Pourquoi Miloš Forman a-t-il eu un tel succès aux États-Unis et dans le monde ?”, s’interroge le site Seznam.cz, avant de répondre : “Non seulement parce que, comme il le disait lui-même, il lui était impossible de rentrer dans son pays d’origine, mais aussi parce qu’il avait du talent.”

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