Friday, September 21, 2018
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L’adieu au “Village Voice”, titre de presse mythique à New York

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L’adieu au “Village Voice”, titre de presse mythique à New York

“C’est une bien triste journée pour le Village Voice et ses millions de lecteurs”, a déclaré vendredi 31 août Peter D. Barbey, le propriétaire de la publication, dans des propos rapportés par The New York Times.

Héritier d’un groupe de presse familial, l’éditeur avait racheté en 2015 ce qui était encore à l’époque un hebdomadaire gratuit. Il y a un an, Barbey avait annoncé l’arrêt de la parution papier du Village Voice, un titre que les New-Yorkais pouvaient jusqu’alors se procurer dans les fameuses boîtes rouges où étaient déposés ses exemplaires chaque mercredi. Ce vendredi, c’est l’arrêt définitif de la publication qu’a dû se résoudre à annoncer Barbey, faute d’avoir trouvé un modèle économique viable sur le Web.

Un journal réputé pour ses enquêtes

Comme le précise The New York Times, une petite partie de la vingtaine d’employés du titre devrait continuer à travailler dans les prochaines semaines à la numérisation des archives. Mais The Village Voice ne produira plus de nouveaux contenus.

Cofondé en 1955 par l’écrivain et journaliste Norman Mailer, le titre avait commencé comme un hebdomadaire consacré à l’actualité des spectacles à Greenwich Village, le cœur du New York bohème de l’époque. Mais le journal était aussi réputé pour ses enquêtes et sa couverture de la politique. Mailer et ses associés Dan Wolf et Edwin Fancher avaient en effet “réuni une équipe d’auteurs qui ravissaient les lecteurs par leurs fulgurances intellectuelles et n’hésitaient pas à les provoquer par leur goût du débat”.

L’âge d’or des petites annonces

La rédaction du Voice, plusieurs fois récompensée par le prestigieux prix Pulitzer, a notamment inclus Wayne Barrett (1945-2017), une célébrité dans le milieu journalistique. “Pendant près de 40 ans, [Barrett] s’est attaqué aux promoteurs et à la classe politique de New York, et son travail sur Donald Trump, qui tenait de l’obsession, sert beaucoup aux journalistes qui couvrent l’actualité du président”, souligne le quotidien.

Plus prosaïquement, The Village Voice était aussi connu à New York pour ses petites annonces de locations et de colocations, qui ont permis à des générations de citadins de trouver à se loger dans cette ville réputée pour la cherté des loyers. Ses ventes avaient particulièrement souffert de l’apparition des sites d’annonces en ligne tels Craigslist.

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