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Thursday, September 19, 2019
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L’Amérique vintage de Liz Albert

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Les scènes “jolies”, “mignonnes”, les “enfants qui sourient sagement face à l’objectif” : là n’est pas exactement le genre de beauté de Liz Albert. Les personnages de sa série Family Fictions sont certes souvent élégants. Mais ce qui intéresse cette photographe et artiste américaine est le moment qui précède la pose, ou celui qui la suit – juste avant ou après le “cheese” rituel, lorsque les sujets se relâchent ou se font surprendre, riant ou donnant l’impression de “penser à quelque chose”, explique Liz Albert à Courrier international.

À contempler ses diptyques, on pourrait croire que les images qui les composent ont toujours fonctionné par paire, tant est recherchée l’harmonie des couleurs et des thèmes. En réalité, ces photos n’ont en commun que d’avoir été prises quelque part dans l’Amérique des années 1950 et 1960 et repérées par Liz Albert sur eBay, parmi les milliers de diapositives qui se retrouvent à la vente sur ce site. Leurs propriétaires ont le plus souvent hérité de photographies familiales dont ils ne connaissent que vaguement les sujets, et qui surtout ne disposent plus du matériel pour les regarder.

Travail sur l’archive

Pour une photographe intéressée par le travail sur l’archive comme Liz Albert – plusieurs de ses séries ont pour matériau des photos de famille ou de vieilles coupures de presse –, le format diapositive présente l’avantage de “donner un très beau résultat à l’impression”, explique-t-elle. Et belles, ces mises en scène le sont assurément. Elles ont la patine d’un film de Hitchcock ou de la série Mad Men. Comme les décrit leur auteure, chacune peut s’interpréter comme “un petit film” ou comme “un haïku”, un “petit morceau d’histoire” dont le spectateur reste libre d’inventer le contenu.

La résonance de l’ensemble est à la fois personnelle et collective. Car des photos comme celles-ci, il y en avait plein les albums de la famille de l’artiste. Ses parents étaient eux aussi “en apparence très glamours et très heureux”, mais laissant affleurer, sous le vernis, les failles d’un mariage raté. Plus significativement encore, l’Amérique des parents de Liz Albert était, comme celle de Family Fictions, un monde blanc : “Les années 1950 étaient marquées par la ségrégation, et ces images sont elles aussi ségréguées”, constate l’artiste. Ainsi qu’elle le souligne, prendre des photos dans les années 1950 nécessitait un matériel relativement coûteux et du temps libre. Un aspect qui explique sans doute en partie la sous-représentation des Africains-Américains sur ce type d’images bourgeoises.

À quoi s’ajoute, peut-être, la facilité plus ou moins grande des familles à se débarrasser de leurs vieux souvenirs. Toujours est-il que les photos qui se retrouvent sur eBay appartiennent “à un groupe spécifique”, un phénomène qui, selon Liz Albert, mériterait d’“être étudié”.

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Le site de Liz Albert : https://www.lizalbert.com

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