Monday, October 15, 2018
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L’animal, un patient comme les autres

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L’animal, un patient comme les autres

Popeye a visiblement un problème. Une fois libéré de sa laisse, l’adorable labrador bondit à travers le cabinet, tout joyeux. Mais, quelques instants plus tard, le mâle au pelage doré a de nouveau le museau collé par terre. Il secoue la tête comme un tambour de machine à laver. Compatissante, sa maîtresse explique : “Il se gratte comme un fou depuis un moment.”

Un moment après, Popeye est sous anesthésie sur la table du vétérinaire. Le côté gauche de son ventre rasé laisse apparaître de minuscules boursouflures sur sa peau rose pâle. Les dermatologues de l’université vétérinaire de Vienne effectuent un test cutané pour déterminer à quoi Popeye est allergique. “De plus en plus de chiens développent des allergies. Popeye est blond, et les chiens dont le pelage est clair y sont prédisposés, tout comme les humains”, affirme l’immunologiste et allergologue Erika Jensen-Jarolim.

Une des boursouflures sur le ventre de Popeye se met à gonfler jusqu’à former une bosse rouge de la taille d’un petit pois. Tout s’éclaire : Popeye est allergique aux acariens – et peut-être aussi aux herbacées. Il présente les mêmes symptômes qu’un homme souffrant d’allergies. Son diagnostic et même son traitement se déroulent de la même façon que dans un cabinet ordinaire. Il recevra ensuite un traitement de désensibilisation.

Du point de vue de la santé, les animaux et les humains se ressemblent plus que nous pourrions le croire : il y a des mouflons qui manifestent une dépendance au pavot, des chats qui s’automutilent, des loutres de mer qui font des crises de puberté et des golden retrievers qui souffrent de cancer du sein. L’existence de ces similitudes n’est pas une nouveauté.

Vers une approche interdisciplinaire

Jusqu’à présent, leur potentiel n’a pourtant guère été exploité. Pourtant, beaucoup de pathologies humaines pourraient être étudiées plus vite et à moindres frais si l’on utilisait les connaissances issues de la médecine vétérinaire. Inversement, les animaux pourraient aussi profiter des traitements réservés aux humains. Il pourrait être pertinent de se préoccuper à la fois de la santé des animaux et de celle des hommes, notamment dans le cas d’épidémies qui affectent les deux catégories.

Certains chercheurs commencent à développer ce genre d’approche interdisciplinaire. C’est pourquoi Erika Jensen-Jarolim, médecin habituée à traiter des patients humains, assiste aujourd’hui à l’examen de Popeye. Professeure de

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Judith Blage
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