lac2C’est par un pur hasard que les parlementaires congolais avaient appris du ministre des Transports et Voies de Communication, à l’occasion de leur session ordinaire de mars-mai 2013, que les Lignes Aériennes Congolaises (LAC) avaient été dissoutes, sur décision du gouvernement, depuis décembre 2012.

En principe, une décision d’une telle gravité aurait dû être coulée en arrêté ministériel, publiée au Journal Officiel et entourée d’une large publicité, de façon à évacuer tous les doutes qui habitent les esprits. A moins que le dossier ne soit classé « Secret d’Etat », on ne trouve nulle trace de cette option dans les archives de la République.

Selon les us et coutumes de l’administration, la haute direction des Lac aurait dû être informée par écrit de la décision gouvernementale. Cela fait plus d’une année que cadres et agents de Lac continuent d’attendre la correspondance officielle attestant de la dissolution de cette société.

Entre-temps, le dossier Lac était exhumé aux Concertations nationales. Au sein de la thématique « Economie » comme en plénière, la majorité des participations avaient déploré l’initiative du ministre des Transports, rejeté le projet de création d’une nouvelle compagnie nationale aérienne et recommandé la relance de Lac dans le cadre du budget d’investissement. Mais, à voir comment évolue le dossier de création d’une nouvelle compagnie aérienne, on a la nette impression que certains décideurs politiques n’ont pas du tout l’intention d’aller dans la direction indiquée par les « Concertateurs ».

On assiste ainsi à une sorte de jeu de ping-pong, où certaines voix au sein du gouvernement soutiennent l’option de la création d’une nouvelle compagnie aérienne nationale, avec toutes les contraintes financières, sociales, techniques et juridiques que cela implique, pendant que d’autres semblent gagnées à l’idée de la relance de Lac, que qu’elles considèrent comme le moindre mal.

C’est fort dommage que jusque-là preuve, les décideurs politiques soient restés sourds à toutes les propositions susceptibles de permettre aux Lac de reprendre leurs activités à travers des opérations de leasing (location d’aéronefs), à défaut d’achat d’une nouvelle flotte. Le bradage des droits de trafic exclusifs aux Lac sur les lignes internationales, le pillage de son patrimoine immobilier et le refus de dégager des fonds pour le paiement des factures de ses avions en check procèdent du plan de sa liquidation arrêtée de longue date.

En laissant mourir Lac, les décideurs politiques semblent oublier les éminents services rendus à la nation par la compagnie nationale en temps de guerre (1998-2003), à travers des opérations de réquisition de l’armée, pendant que les privés avaient mis leur flotte à l’abri. L’autre regret est que l’Etat congolais part grand perdant dans la liquidation de LAC au vu des fonds engloutis dans la formation des pilotes, techniciens, personnels à bord et au sol, aujourd’hui débauchés par les société aériennes privées.