A en croire des sources dignes de foi, à l’issue de cette rencontre, la Primature reviendra à l’UDPS et la RDC cheminera vers une transition de deux ans.

Enfin, ça y est. Le dialogue politique tant réclamé par l’Union pour la démocratie et le progrès social aura bel et bien lieu. Des questions aussi sensibles que celles liées à la prochaine présidentielle en RDC et bien d’autres sujets seront abordées au cours de ces assises. Ceci pour permettre aux uns et aux autres de mieux se préparer au prochain scrutin qui doit se dérouler dans un climat apaisé. C’est ce qui ressort du tête-à-tête entre Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi dimanche dernier à Addis-Abeba en Ethiopie. En marge du 18ème sommet du Comesa, les deux personnalités politiques ont échangé sur des questions de l’heure en toute discrétion afin de ne pas donner l’alerte. Mais, les murs ayant des oreilles, il y a eu tout de même quelques « fuites », comme on dit généralement.

Le dialogue politique tant attendu pour corriger les erreurs des Concertations nationales est enfin là. C’est la pression de l’UDPS qui a rendu possible cette rencontre et ce, au moment où personne ne s’y attendait. Mais, il a fallu que le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, et le « lider maximo » de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), Etienne Tshisekedi wa Mulumba, accordent finalement leurs violons pour qu’aussitôt la voie soit balisée pour la tenue d’un énième forum national dénommé « Dialogue politique ».
Plus rien ne s’oppose désormais à l’effectivité du dialogue tant réclamé par certains partis d’opposition, avec en tête l’UDPS. L’ouverture des travaux est fixée au 30 avril 2015 à Kinshasa, ville qui abritera également ce forum national ne devant pas dépasser un mois.

RENCONTRE SECRETE KABILA-TSHISEKEDI A ADDIS-ABEBA EN ETHIOPIE
Se sont-ils réellement vus dans la capitale éthiopienne dimanche dernier ? Nos sources confirment que le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila Kabange, et le président national de l’UDPS, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, se sont rencontrés à Addis-Abeba. Mais, alors discrètement, soutiennent des sources dignes de foi. D’où vient qu’il y ait des « I » autour de leur tête-à-tête ? Il semble que ce serait une astuce d’un parti d’Opposition dont le leader exigeait de prendre part à la rencontre afin que rien ne lui échappe. Au moins cette indiscrétion aura-t-elle permis, avant l’annonce officielle devant intervenir dans les prochains jours, aux Congolais de savoir à quoi ils doivent désormais s’attendre. Surtout que la tenue du dialogue contribuera à décrisper la situation politique surchauffée en RDC.
Avec la tenue du dialogue, l’UDPS, parti qui n’a cessé d’intensifier des pressions pour la tenue du forum tant réclamé gagne son pari. Au moins, à travers cette rencontre, tous les acteurs politiques congolais auront l’occasion de s’accorder sur le calendrier global des élections en RDC de manière à faire baisser les tensions qui commençaient à monter d’un cran.
Mais, fallait-il vraiment, pour cela, envisager une autre transition ? La question reste posée. Toujours est-il que, si c’est le prix à payer pour la tenue des élections apaisées en RDC, il faudrait peut-être saisir la perche, expliquent les observateurs. C’est ce qui aurait convaincu Joseph Kabila Kabange et Etienne Tshisekedi wa Mulumba de plaider finalement pour ce dialogue afin de permettre et à la Majorité présidentielle et à l’Opposition politique de se mettre d’accord.

UNE TRANSITION DE TROIS ANS, AVEC UNE PRIMATURE ATTRIBUEE A L’UDPS
Sur quoi portera exactement le dialogue ? A en croire des sources dignes de foi, il s’agira surtout des échéances électorales, plus précisément l’élection présidentielle devant se dérouler dans un climat apaisé et à l’abri des tensions politiques auxquelles on assiste déjà.
On se souviendra que, depuis quelques temps, une délégation de l’Opposition politique sillonne les grandes capitales occidentales, en commençant par Washington, en vue de réclamer des pressions sur Joseph Kabila et la Majorité présidentielle afin que le Raïs ne se représente plus pour un troisième mandat. Ces pressions, indique-t-on, auraient contribué à alléger la position du chef de l’Etat au point de le pousser à accepter de rencontrer discrètement Etienne Tshisekedi en marge du sommet du Comesa.
A l’issue des travaux du dialogue, confie-t-on, la RDC cheminera vers une transition, une de plus bien-sûr, estimée à deux ans. Durant cette période, le partage des postes tant au Gouvernement que dans la territoriale et le portefeuille de l’Etat se réalisera comme à l’poque de Mobutu, c’est-à-dire selon le principe de partage équitable et équilibré des postes. C’est de la sorte que, Kabila demeurant au sommet de l’Etat en qualité de chef de l’Etat, la Primature reviendra d’office à l’UDPS, un parti ayant pignon sur rue et la plus grande formation politique de l’Opposition en RDC tant sur le terrain que dans le nombre des sièges à l’Assemblée nationale. Et, sans surprise confie-t-on, le poste de Premier ministre reviendra à Etienne Tshisekedi pour la quatrième fois depuis sa première nomination en 1991.

UN GLISSEMENT AUTOMATIQUE SANS REVISION CONSTITUTIONNELLE
En fin de compte, à la lumière de l’accord intervenu à Addis-Abeba, en Ethiopie, dans un cadre tout à fait informel, le glissement tant redouté est automatique. Le pouvoir ayant horreur du vide, Joseph Kabila demeurera à la tête de la RDC jusqu’à après 2016 et même plus tard par la force des choses.
Plus de période ultime ou fatale par rapport à décembre 2016 comme prévu par le calendrier global de la Commission électorale nationale indépendante qui, sans nul doute, sera amendé au dialogue. Ce qui facilite la tâche aux membres de la Majorité après les ratés orchestrés avec la tentative de révision constitutionnelle ou lors de la révision de la loi électorale. Car, au rythme des enjeux en présence, c’est l’Opposition qui endossera la responsabilité du fameux glissement attribué à la Majorité présidentielle.
Au moins, c’est un « ouf » de soulagement pour les partenaires politiques de Joseph Kabila qui se rendront finalement compte que la solution était pourtant à leur portée. Il fallait juste remuer la cervelle pour que les alouettes tombent toutes rôties dans le bec. Le climat apaisé tant recherché, surtout après les incidents survenus en janvier dernier, pointe à l’horizon.
Mais, il revient désormais à chaque camp politique de mieux se préparer afin que le dialogue soit réellement une solution à l’agitation qui s’observe déjà. C’est là que la plupart des observateurs invitent les acteurs politiques congolais à sacrifier l’accessoire au profit de l’utile lors des travaux du forum qui s’annonce. De cette manière, il serait possible de gagner du temps et donc d’être réellement utile à la nation congolaise.