Saturday, December 15, 2018
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Le mythe Frankenstein. Quand la science a peur du monstre

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Le mythe Frankenstein. Quand la science a peur du monstre

Le 1er août 1790, un étudiant brillant du nom de Victor Frankenstein soumet une proposition radicale au comité d’éthique de l’université d’Ingolstadt, en Bavière. Dans sa présentation, intitulée “Mécanismes électrochimiques de réanimation”, ledit Frankenstein explique comment il compte “inverser le processus de la mort” en récupérant “une grande variété de spécimens anatomiques humains” pour les assembler et “restaurer la vie là où elle a disparu”.

Frankenstein assure au comité d’éthique que son projet répondra aux critères éthiques les plus élevés. “Si je parviens à rendre à la vie un être humain ou une créature de forme humaine, j’informerai la créature de cette étude et lui permettrai, si elle en est capable, de choisir de continuer à participer ou non à ces observations et à ces recherches”, affirme le jeune scientifique. Si la créature a “des capacités amoindries”, Frankenstein promet de faire intervenir un tiers pour agir dans son intérêt et traiter “la chose” en accord avec les critères en vigueur.

Bien sûr, aucune proposition en ce sens n’a été formulée au comité des sages de l’université d’Ingolstadt, où le personnage fictif de Frankenstein a créé son monstre. En 1790, même si un tel docteur avait existé, jamais il n’aurait eu à passer devant une commission d’éthique. En revanche, un article scientifique de 2014 se demande si l’histoire de Frankenstein se serait mieux terminée avec les garde-fous mis en place au XXIe siècle. L’article en question est l’une des nombreuses extrapolations produites par la littérature biomédicale à partir du roman. Au moment où elle conçoit son histoire, Mary Shelley est influencée par les dernières découvertes de la médecine, encore balbutiante, et par les premières expériences sur l’

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Jon Cohen
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