Tuesday, August 14, 2018
Home Economie Les politiques sont-ils trop ignorants pour réglementer Facebook ?

Les politiques sont-ils trop ignorants pour réglementer Facebook ?

0
253
Les politiques sont-ils trop ignorants pour réglementer Facebook ?

“L’audition marathon de Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a montré à quel point nombre de parlementaires comprennent mal ce qu’est le réseau social et comment il fonctionne”, relève Kevin Roose dans The New York Times.

De fait, interrogé les 10 et 11 avril par le Congrès des États-Unis, le jeune entrepreneur a souvent dû faire face à des questions trop vagues ou complètement hors sujet. Mais il ne faudrait pas en déduire que “cet analphabétisme numérique est le problème – qu’il empêcherait de vieux législateurs technophobes d’encadrer correctement Facebook”, met en garde le chroniqueur spécialisé dans les nouvelles technologiques. Car, quel que soit le domaine, les parlementaires n’ont pas besoin d’être des experts pour légiférer de manière efficace. Ce qu’il faut, c’est juste “la volonté politique”.

Concernant Facebook, poursuit le journaliste, le Congrès devrait d’abord identifier les problèmes puis les résoudre un par un, sans essayer de tout régler par une seule loi attrape-tout. Faut-il, par exemple, empêcher le réseau social de partager les données personnelles des internautes avec des tiers ? de collecter trop d’informations personnelles ? de propager des discours haineux ou des fake news, d’être manipulé à des fins politiques ? Ou Facebook est-il tout simplement devenu un géant trop puissant, un monopole qu’il convient de démanteler ?

Tenir tête au lobby de la Silicon Valley

Surtout, le législateur doit se montrer déterminé à agir, même si le lobby du secteur technologique fera tout pour s’y opposer. Or ce n’est pas gagné, estime le chroniqueur, pour qui “l’échange le plus décourageant” sur ce plan a été celui entre Mark Zuckerberg et le sénateur républicain de Caroline du Sud, Lindsey Graham.

Après avoir demandé au PDG si sa plateforme avait des concurrents directs (réponse évasive de l’intéressé) et s’il n’avait pas l’impression d’être en position de monopole (réponse : “Ce n’est certainement pas l’expérience que j’en ai”), le sénateur, loin de pousser Mark Zuckerberg dans ses retranchements, lui a gentiment lancé : “Accepteriez-vous de travailler avec nous sur les réglementations que vous jugez nécessaires dans votre secteur ?”

Autrement dit, il n’a rien trouvé de mieux que de “demander des conseils à M. Zuckerberg sur la manière de réglementer sa propre entreprise”, déplore le journaliste.

“Les auditions de cette semaine montrent qu’au Capitole une lame de fond est en train de monter en faveur d’une réglementation de Facebook et d’autres acteurs d’Internet”, poursuit Kevin Roose.

Mais tant que le Congrès continuera à demander à ces entreprises comment elles souhaitent être réglementées, tant qu’il ne décidera pas lui-même quels problèmes il veut résoudre, ses proies continueront à lui filer entre les doigts.”

Translate »