L’executive education, porte d’entrée du développement d’HEC en Afrique

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L’executive education, porte d’entrée du développement d’HEC en Afrique

En plus d’être une source de revenus certaines pour l’école de commerce privée, l’offre en formation continue constitue la première étape d’un développement plus large en Afrique.

Jeune Afrique l’annonçait en février, c’est désormais chose faite. L’école de commerce française HEC Paris confirme l’implantation d’un bureau à Abidjan. À cette occasion, Alexis John Ahyee, ex-directeur des programmes de formation continue de l’école de management MDE Business School à Abidjan, a été nommé directeur général de l’unité qui couvrira l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Installé avec son équipe dans les locaux du patronat ivoirien, le dirigeant béninois de 45 ans, aura pour mission principale de développer l’offre en formation continue – ou executive education – pour les cadres et dirigeants des secteurs publics et privés.

« Les besoins sont forts tant sur le plan RH, marketing et management opérationnel que sur le développement des compétences relationnelles », souligne Alexis John Ahyee. Et la demande augmente selon François Collin, directeur délégué de l’école en charge du développement international : « Nous sommes déjà beaucoup sollicité, ce qui nous a poussé à structurer notre offre afin de développer la demande dans la région. C’est une bonne façon de rentrer dans le marché », résume-t-il.

Dans les six mois qui viennent, l’école, déjà très active dans la région, va donc prendre le pouls des besoins en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Cameroun et au Gabon en allant directement démarcher les entreprises. La zone anglophone est également une cible et les entreprises nigérianes et ghanéennes seront également démarchées.

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Trois offres

L’école de commerce privée propose actuellement trois offres aux entreprises désireuses de former leurs collaborateurs : une offre sur-mesure développée selon des besoins précis exprimés par les clients, des programmes certifiants ou diplômants (executive MBA, executive mastères en management) ainsi que des programmes courts allant d’un à huit jours en marketing ou management.

Selon le format, les cours ont lieux dans les locaux ivoiriens, sur le campus parisien ou tout autre lieu choisi par les clients. Point faible néanmoins, le corps enseignant reste franco-français, une donnée qui peut découler sur des contenus pédagogiques inadaptés aux contextes locaux : « À terme le but est d’identifier des intervenants africains au travers de partenariats académiques », rassure François Collin.

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D’autres leviers de développement

Si elle est une source de revenus incontournable pour l’école avec 65 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017 dont XX euros uniquement pour l’Afrique, l’executive education est aussi une façon pour HEC Paris d’affirmer sa présence, voire parfois de mieux se faire connaître sur le continent. Passé cette première étape, l’école veut ensuite structurer une filière de sélection des talents et intensifier ses partenariats académiques pour « exposer les étudiants non africains au continent et donner une voix à l’Afrique en France », explique François Collin.

Fondée en 1881 par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, HEC Paris compte 108 professeurs-chercheurs et plus de 4 500 étudiants. L’école de commerce forme également 8 000 cadres et dirigeants chaque année. Elle occupe la seconde place du dernier classement général des business schools européenne publiée par le Financial Times en décembre 2017 et figure à la 114ème place du Classement académique des universités mondiales en économie et affaires 2015 de l’Academic ranking of world universities (aussi appelé classement de Shanghaï).