Tuesday, August 21, 2018
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Little Fred, l’alter ego britannique d’Astérix à l’honneur à Londres

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Little Fred, l’alter ego britannique d’Astérix à l’honneur à Londres

Plus de dix ans après sa sortie en France, Astérix débarque chez les Anglais. Il devient alors Little Fred et cesse d’être Gaulois pour devenir “un fier Britannique”, relate The Guardian après la visite de l’exposition dédiée à la bande dessinée de René Goscinny. Au Musée juif de Londres, les visiteurs pourront découvrir “l’anglicisation peu connue d’un héros national français”.

Les premières versions britanniques d’Astérix, dans lesquelles il était accompagné de son acolyte “Big Ed”, (et non Obélix), “relèvent de la ‘petite histoire’ mais n’en sont pas moins passionnantes, notamment parce que les personnages sont un peu différents de ceux auxquels on était habitués”, explique le journal, qui cite la conservatrice du musée, Joanne Rosenthal. “C’était un peu plus grossier, pas aussi gentillet que les traductions anglaises que nous connaissons aujourd’hui.

Astérix, figure de la Résistance à l’Occupation

L’exposition consacrée à l’œuvre de René Goscinny, qui a ouvert ses portes le 10 mai, a piqué la curiosité des médias britanniques : pourquoi se tient-elle au Musée juif de Londres ? The Daily Telegraph raconte :

Cela peut paraître étrange qu’une exposition soit consacrée à la vie et à l’œuvre de Goscinny au Musée juif de Londres, une institution qui a implicitement pour mission de rendre hommage à ceux qui ont vécu en marge de la société : immigrants, émigrés, réfugiés.

Mais, après sa visite, le quotidien conservateur assure que l’exposition “démontre que la bande dessinée a toute sa place dans ce musée”. Abigail Morris, directrice du musée, justifie ce choix, arguant que la bande dessinée “raconte avec humour et perspicacité l’histoire d’un peuple marginalisé, menacé, et montre comment un petit village se sert de son intelligence pour résister à une force d’occupation”.

Dans les annales des héros anti-impérialistes, Astérix le Gaulois est le plus grand”, renchérit The Times dans un article signé par le fils de la traductrice de l’œuvre du français vers l’anglais.

L’histoire gauloise comme remède

Il replace la sortie de la bande dessinée dans un contexte historique mouvementé, quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale :

La mémoire collective de la Résistance était en partie un mythe. Le pays avait été gouverné par le régime collaborationniste de Vichy, qui a fait déporter 75 000 Juifs et non-Juifs vers les camps de la mort nazis. La série des Astérix faisait appel à un sens plus noble de l’histoire gauloise et de la Résistance.”

De plus, assure The Guardian, l’exposition fait valoir que la judéité de Goscinny était importante dans son œuvre, non pas explicitement, mais subtilement”. Le quotidien britannique s’appuie sur l’analyse de Joanne Rosenthal : “Je pense que le sens de l’humour, le sens de l’étranger, de la victime, de l’immigré, cette sorte d’expérience de la diaspora était presque partout dans sa production, comme c’est souvent le cas chez les artistes et écrivains juifs laïcs.

Corentin Pennarguear
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