Nasser Bourita : ” Pour la première fois, il n’y a pas eu de décision de l’Union africaine sur le Sahara “

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Nasser Bourita : ” Pour la première fois, il n’y a pas eu de décision de l’Union africaine sur le Sahara “

En marge du 32e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a accepté d’évoquer pour Jeune Afrique la question du Sahara occidental et l’actualité de la diplomatie chérifienne.

Selon un avis émis par le Conseiller juridique de l’Union africaine, le représentant permanent du Nigeria Bankole Adeoye, le Conseil paix et sécurité de l’institution panafricaine ne pourra plus  « soulever, citer ou se référer à la situation au Sahara occidental de quelque manière que ce soit ». Toute mention du Sahara a donc été absente du rapport final du 32e sommet de l’UA. « Une première » et une « évolution importante », selon le ministre marocain des Affaires étrangères.


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Jeune Afrique : Selon vous, le Sommet de l’Union africaine a-t-il permis d’avancer sur la question du Sahara ? 

Nasser Bourita : Oui, je pense que le sommet s’est inscrit dans la logique de celui de Nouakchott [lors du dernier sommet de l’UA, qui s’est tenu au mois de juillet dans la capitale mauritanienne, les chefs d’États et de gouvernement avaient convenu d’accorder un mandat d’information exclusif à un mécanisme composé de la troïka de l’organisation panafricaine – le président en exercice de l’Union, son prédécesseur et son successeur – et du président de la commission]. Comme vous avez pu le constater, pour la première fois, il n’y a pas eu de décision sur le Sahara. Dans le rapport du Conseil de paix et de sécurité, les trois paragraphes sur le Sahara ont été supprimés.

Un avis juridique très intéressant a circulé, excluant l’évocation, la citation ou la référence à la question du Sahara

Mieux : un avis juridique très intéressant a circulé, émis par le Nigeria – qui n’est pas forcément un pays ami. Il exclut, aussi bien au niveau des ambassadeurs que des ministres, l’évocation, la citation ou la référence à la question du Sahara, sous aucune manière et aucune forme. C’est sur cette base que les paragraphes du Conseil de paix et de sécurité ont été supprimés.

Il s’agit donc d’un succès pour votre diplomatie ?

C’est une évolution importante pour laquelle les choses sont aujourd’hui claires.

Vous attendez-vous à ce que la présidence égyptienne de l’UA remette l’institution panafricaine au centre du processus politique en Libye ?

La question libyenne est déjà inscrite à l’ordre du jour de la Conférence de l’Union africaine. Un comité est créé, des rapports sont soumis par le président congolais Denis Sassou Nguesso. La Libye est donc bien là. La position africaine est partagée, il n’y a donc aucun souci.

L’ambassadeur du roi du Maroc en Arabie saoudite avait confirmé vendredi avoir été « retenu » à Rabat, dans un contexte de tensions avec Riyad. Lundi après-midi, selon certaines sources, le diplomate (ainsi que son confrère en poste à Abou Dhabi) ont rejoint leur poste d’affectation. Qu’en est-il ?

On commentera selon notre timing. Ce que je sais, c’est que les deux ambassadeurs sont retournés aujourd’hui [lundi 11 février] dans leur pays d’affectation.


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Le Maroc va-t-il quitter la coalition arabe au Yémen, comme il a été écrit dans la presse ?

Nous n’avons rien annoncé de la sorte ! Notre position a été bien exprimée lors d’une réunion, et je l’ai réexpliquée sur Al-Jazeera récemment [le 24 janvier dernier, le diplomate avait déclaré dans une interview à la chaîne qatarie : « Nous restons dans la coalition, mais notre engagement a évolué »].

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