Saturday, November 17, 2018
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Privée de Nobel en 1974, l’astrophysicienne Jocelyn Bell est enfin récompensée

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Privée de Nobel en 1974, l’astrophysicienne Jocelyn Bell est enfin récompensée

“Je dois admettre que je me suis retrouvée sans voix.” Telle a été, selon The Guardian, la réaction de Jocelyn Bell Burnell lorsqu’elle a appris qu’elle avait été choisie par un panel de scientifiques de renom pour recevoir les trois millions de dollars (2,6 millions d’euros) du Breakthrough prize en physique fondamentale.

“Cette astrophysicienne dont le nom n’avait pas été retenu par le comité Nobel pour sa découverte d’objets cosmiques exotiques qui illuminent le ciel, rappelle le quotidien britannique, vient de remporter le prix le plus lucratif de la science moderne”. Belle revanche.

En 1967, Jocelyn Bell, alors étudiante en thèse à l’université de Cambridge, avait identifié de mystérieuses tâches qui revenaient de manière récurrente dans les données des radiotélescopes. Une analyse minutieuse lui avait permis d’établir qu’il s’agissait des signes de pulsations radio émises par une étoile en rotation. Le pulsar (contraction de pulsating star) était découvert.

Une brillante carrière

Mais sept ans plus tard, c’est son directeur de thèse Antony Hewish qui recevait le prix Nobel de Physique (avec le radio astronome Martin Ryle) “pour son rôle décisif dans la découverte des pulsars”, alors qu’elle-même n’y était pas associée.

Cette déception – bien que la chercheuse n’ait pas protesté à l’époque – ne l’a pas empêchée d’accomplir une brillante carrière. “Jocelyn Bell Burnell est devenue la première femme présidente de l’Institute of Physics et de la Royal Society of Edinburgh et a aidé à mettre sur pied le programme Athena Swan, qui a largement contribué à améliorer la vie des femmes dans les universités”, souligne The Guardian qui ajoute :

Compte tenu de sa propre expérience, la décision de Bell quant à la façon de dépenser ses gains suit une logique claire.”

Aujourd’hui âgée de 75 ans, Jocelyn Bell est désormais en discussion avec les instituts nationaux de physique au Royaume-Uni et en Irlande pour utiliser le prix afin de créer des bourses de doctorat pour des personnes appartenant à des groupes sous-représentés dans le domaine le physique, notamment les femmes. “Améliorer la diversité en science pourrait mener à toutes sortes de bonnes choses”, conclut-elle dans The Guardian.

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