Wednesday, October 17, 2018
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Protectionnisme : Trump bloque la plus grosse fusion du secteur des technologies

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Protectionnisme : Trump bloque la plus grosse fusion du secteur des technologies

Le rapprochement des géants singapourien Broadcom et américain Qualcomm n’aura pas lieu. Ainsi en a décidé le président américain. Donald Trump a signé le 12 mars un décret bloquant ce qui aurait pu être la plus grosse fusion de l’histoire du secteur des technologies, rapporte Quartz.

L’offre d’achat hostile présentée par Broadcom était contestée, rappelle le site américain. Le Comité américain sur les investissements étrangers (CFIUS) s’y était notamment opposé. Inquiète pour la sécurité nationale, cette agence intergouvernementale, chargée d’examiner les achats d’entreprises américaines par des entreprises étrangères, avait demandé une enquête complète il y a une semaine, souligne le Financial Times, qui pointe du doigt l’intervention “précipitée” de la Maison-Blanche.

Bataille pour la 5G

Le président américain a jugé qu’il y avait des “preuves crédibles” qu’après le rachat de Qualcomm la sécurité nationale des États-Unis soit menacée. Le Trésor américain redoutait, dans une lettre publiée le 5 mars, que, dans le cas d’une fusion de Broadcom et Qualcomm, les États-Unis perdent la main dans la technologie 5G au profit de la Chine, indique Quartz. Selon les autorités, l’opération aurait pu se traduire par un relâchement des efforts de Qualcomm en recherche et développement et, de fait, permettre à la Chine – et plus particulièrement au groupe Huawei – de renforcer ses positions dans le secteur de la 5G.

Le rôle trouble du CFIUS

Broadcom, qui nie toute menace sur la sécurité nationale des États-Unis, avait annoncé le 12 mars son intention de revenir s’installer sur le sol américain dès le mois d’avril.

La décision de Donald Trump sonne comme “une victoire pour Qualcomm”, qui, opposé au projet de son concurrent singapourien, avait secrètement sollicité l’intervention du CFIUS à la fin de janvier, explique le Financial Times.

Ce comité apparaît quant à lui comme un acteur clé dans cette affaire. Aurait-il outrepassé ses prérogatives ? C’est ce que pensent certains juristes interrogés par le Wall Street Journal. Ils soulignent notamment que le CFIUS a, contrairement aux usages, donné son avis avant que le rachat ne soit signé.

Catherine Guichard
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