RDC : l’Agence nationale de renseignement demande un audit sur les finances des ministères

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L’Agence nationale de renseignement (ANR) vient de demander à l’inspecteur général des finances de réaliser un audit sur les dépenses des ministères du gouvernement sortant dirigé par Bruno Tshibala. Selon plusieurs sources au sein de l’ANR, c’est la gestion des finances publiques par le président qui est visée.

Dans un courrier daté du 17 août, l’ANR demande à l’inspection générale des finances de réaliser un audit sur les finances des ministères depuis l’investiture du chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Justin Inzun Kakiak, le patron des renseignements en RDC dit avoir initié cette mission « pour des raisons impérieuses de sécurité d’État ».

Dans cette lettre de mission, l’ANR demande à ce que l’audit débute dès le lundi 19 août 2019. Le renseignement congolais y détaille également les quatre missions principales :

« [1] Auditer tous les décaissements des fonds du Trésor public en faveur de tous les ministères du gouvernement depuis l’investiture du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi, jusqu’à ce jour ;

[2] Saisir tous les bons de retrait de fonds émis par les différents ministères depuis janvier 2019 ;

[3] Exiger de ces différents ministères tous les dossiers par eux initiés pour sortir ces fonds ;

[4] Faire les rapports circonstanciés sur lesdits dossiers. »

Selon une source à l’inspection générale des finances, cet audit a bel et bien démarré cette semaine.

La présidence est-elle visée ?

L’audit demandé ne concerne pour le moment que les ministères et ne vise pas directement la présidence. « Nous y allons étape par étape », glisse néanmoins un haut-responsable de l’ANR.

« Il faut toujours davantage creuser et élargir le spectre des investigations en matière de détournements, juge le député national de l’opposition Sam Bokolombe. L’audit des décaissements des fonds du Trésor Public depuis l’investiture devrait s’étendre à tous les services de l’État, y compris la présidence de la République qui effectue la majorité de ses dépenses en procédure d’urgence. »

D’après une autre source à l’ANR, c’est bien la présidence de la République qui est visée dans cette enquête.

Une large part des dépenses faites sur instruction du chef de l’État lui-même

Depuis le 25 janvier, quelques jours seulement après la prise de fonction de Félix Tshisekedi, toutes les liquidations des dépenses publiques autres que celles liées aux charges du personnel, ont été suspendues sur une décision conservatoire du cabinet du chef de l’État en vue d’éviter « de saigner les finances publiques des dépenses abusives et complaisantes ainsi que des nominations et/ou des embauches de positionnement dans l’administration publique tout comme dans les entreprises de l’État ».

Et depuis, une large part des dépenses des services étatiques ont été faites sur instruction du chef de l’État lui-même, en procédure d’urgence pour la plupart.

« Les ministères ont ainsi été paralysés et toutes les sorties des fonds portent la signature du directeur de cabinet sur instruction du chef de l’État », commente un ministre sous couvert de l’anonymat.

Les ONG et les acteurs de la société civile dénoncent, pour leur part, la gabegie et font état de soupçons de détournements de fonds.

Plusieurs documents de sortie des fonds, signés par Vital Kamerhe, directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, ont ainsi circulé sur les réseaux sociaux.

Le 15 août dernier, l’ANR avait auditionné, dans ses locaux, le ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire Bernard Biando pour détournement présumé des fonds alloués par le gouvernement pour assister les sinistrés de Minembwe dans la province du Sud Kivu. Plusieurs personnalités ont déjà appelé le parquet général près la Cour des comptes à se saisir de tous ces dossiers

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