Saturday, November 17, 2018
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Santé. Cancer : des milliers d’Anglaises et d’Irlandaises victimes d’erreurs dans le processus de dépistage

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Santé. Cancer : des milliers d’Anglaises et d’Irlandaises victimes d’erreurs dans le processus de dépistage

De part et d’autre de la mer d’Irlande, en l’espace d’à peine une semaine, deux scandales liés à des erreurs dans la détection des cancers du col de l’utérus et du sein ont éclaté dans la presse.

Sur l’île d’Émeraude, le scandale a été porté à l’attention du grand public grâce au cas de Vicky Phelan, une habitante de Limerick, dans l’ouest du pays. Après la naissance de son deuxième enfant, en 2011, celle-ci prend part à un test de dépistage du cancer du col de l’utérus, comme les autorités publiques le conseillent pour toute femme âgée de 25 à 60 ans, et ce tous les trois ans. “Initialement, aucune anomalie n’a été détectée”, explique l’Irish Times. Lors de l’examen suivant, en 2014, des cellules cancéreuses sont cette fois-ci identifiées.

Jusqu’à 3 000 Irlandaises concernées

Seulement voilà. En parallèle, un audit de son test précédent révèle qu’un cancer était déjà potentiellement en train de se développer en 2011. Et cette information ne lui est pas révélée avant 2017, ce qui conduit Vicky Phelan à poursuivre en justice le cabinet texan chargé d’analyser les résultats obtenus par le service de santé irlandais. Aujourd’hui en phase terminale, la mère de famille a reçu 2,5 millions de dollars en compensation la semaine dernière. Depuis, plusieurs cas analogues ont été rendus publics. “On sait désormais que l’audit des tests de 208 femmes a démontré que des anomalies étaient passées inaperçues dans leur examen initial. Et, parmi ces patientes, 162 n’ont jamais été prévenues”, rapporte l’Irish Examiner. Selon les dernières informations transmises par le service de santé irlandais, le scandale pourrait concerner jusqu’à 3 000 patientes.

En Angleterre, les erreurs ont été commises en amont des tests. La totalité des grands quotidiens nationaux se sont fait l’écho, ce jeudi, d’un bug informatique à l’origine de l’annulation, pour 450 000 femmes, de leur dernière mammographie avant 70 ans. Concrètement, alors que les Anglaises âgées de 50 à 70 ans sont invitées à un examen de dépistage du cancer du sein tous les trois ans, un essai à grande échelle a été lancé en 2009 par le National Health Service pour “savoir si des tests de dépistage seraient utiles, sans être trop contraignants, pour les femmes ayant entre 47 et 49 ans, et pour celles ayant entre 71 et 73 ans”.

En Angleterre, les avantages du dépistage au-delà de 70 ans ne sont pas prouvés

“Dans toute l’Angleterre, 65 centres de traitement du cancer du sein ont recruté des femmes dans ces deux classes d’âge, détaille The GuardianUn logiciel a sélectionné au hasard la moitié d’entre elles pour un dépistage.” Toutes les femmes du groupe d’âge 71-73 ans auraient dû passer un ultime examen trois ans après leur dernière mammographie, et ce avant leur 70e anniversaire. “Mais le logiciel de dépistage du NHS semble avoir annulé cet examen. Autrement dit, certaines femmes participant au dépistage ont subi leur dernière mammographie à 67 ou 68 ans.”

Évoquant un “désastre”, le ministre de la Santé britannique, Jeremy Hunt, a estimé entre 135 et 270 le nombre de patientes mortes à la suite de cette erreur informatique. Pour Richard Peto, professeur à l’université d’Oxford, l’agitation autour de cette affaire s’avérerait prématurée, voire injustifiée. “Il y a une forte incertitude sur l’utilité du dépistage pour les femmes âgées, car même s’il peut détecter certains cancers, il va conduire à beaucoup de traitements chirurgicaux inutiles, sans parler des angoisses qu’on pourrait leur épargner”, assure-t-il dans les colonnes du quotidien. “Les essais randomisés dans le cadre d’AgeX sont toujours en cours, mais les avantages du dépistage chez les femmes de plus de 70 ans ne sont pas encore vraiment démontrés”, conclut The Guardian.

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