Serena Williams : Une finale de l’US Open qui fera date

0
17
Serena Williams : Une finale de l’US Open qui fera date

Samedi 8 septembre, la finale féminine de l’US Open de tennis entre l’Américaine Serena Williams et la Japonaise Naomi Osaka, aura marqué les esprits.

Copyright de l’image Getty Images

Non pas tant pour son résultat, pourtant impressionnant avec la victoire expéditive en deux sets et seulement 1h19 de match de la jeune Japonaise-Haïtienne de 20 ans, Naomi Osaka. Mais plutôt en raison de l’intensité de ce match… soulevant certaines interrogations sur le sexisme qui peut régner dans le tennis.

Les sanctions

Tout commence lorsque l’arbitre de la rencontre, le Portugais Carlos Ramos donne un avertissement à Serena Williams en raison du coaching de son entraîneur depuis son box, une violation du code.

Copyright de l’image Getty Images

Nous sommes au début du second set, mené par Naomi Osaka 1-0, 40-15, sur son service. Cette dernière avait déjà remporté le premier set 6-2.

Quelques jeux plus tard, l’Américaine se défoule sur sa raquette après avoir été débreakée par son adversaire imperturbable 3-2. Serena Williams écope d’un second avertissement qui s’accompagne d’un point de pénalité.

La réaction

Visiblement agacée, la championne aux 23 titres de Grand chelems en simple et 14 en double traite l’arbitre de voleur. Nouvelle sanction du Portugais très à cheval sur les règles qui ordonne un jeu de pénalité, une sanction rare et aux conséquences graves pour Serena Williams qui se voit soudainement menée 3-5.

Ses réactions aux sanctions de l’arbitre, que l’Association de tennis féminin (WTA) a depuis qualifiées de “sexistes”, sont similaires à celles de nombreux joueurs de haut niveau lors de match de championnat.

Mais c’est le double standard entre joueuses et joueurs de tennis qui a alimenté les discussions sur cette finale de l’US Open de Williams.

La polémique

Ce “deux poids, deux mesures” a suscité l’émoi de plusieurs professionnel(le)s de tennis.

Brandi Collins, Directrice de campagne à l’organisation de justice raciale Color of Change a indiqué que ” Serena a été dépeinte tout au long de sa carrière, à la fois par les médias et au sein du tennis américain comme une femme en colère, déséquilibrée, vraiment agressive”.

Finalement pour Serena Williams, ce coup colère reflète une véritable injustice et un combat plus grand. “Je suis ici pour défendre les droits des femmes et l’égalité des femmes. Le fait que je sois obligée de passer par là est une leçon”, a-t-elle déclaré aux journalistes après le match.

A lire aussi : La future star du tennis sera peut-être africaine

Steve Simon, Directeur de la WTA, l’association des joueuses professionnelles, s’est exprimé à ce sujet. “La WTA pense qu’il ne devrait pas y avoir de différence de degré dans la tolérance face aux émotions exprimées par les hommes et les femmes, et s’engage pour s’assurer que tous les joueurs soient traités de la même façon. Nous ne pensons pas que ça a été le cas”.

De son côté, Billie Jean King, légende du tennis et pionnière dans la lutte pour l’égalité des sexes dans son sport, a tenu à apporter son soutien à Serena Williams. “Quand une femme exprime ses émotions elle est qualifiée d’hystérique et on la pénalise. Quand un homme fait la même chose, on estime qu’il fait preuve de sincérité et il n’y a pas de conséquences”, a-t-elle exprimé sur Twitter.

Les soutiens

De James Blake à Andy Roddick, sans oublier l’un des joueurs les plus colériques que le circuit ait connu John McEnroe plusieurs joueurs professionnels américains ont exprimé leur soutien à Serena ou du moins, leur surprise face aux sanctions de l’arbitre, les jugeant disproportionnées. À noter que la jeune maman devra également payer 17 000 dollars d’amende infligé par la direction du tournoi.

Les larmes de colère de Serena Williams ont laissé place à un sourire lors de la remise des trophées. La cérémonie a été riche en émotions.

Copyright de l’image Getty Images

Serena Williams, la plus expérimentée des deux joueuses a su faire preuve de classe, en permettant à sa cadette Naomi Osaka, d’apprécier autant qu’il en était encore possible, cet instant quelque peu gâché, qui devait pourtant être l’un des plus beaux moments de leur carrière…

Copyright de l’image Getty Images