Sunday, October 21, 2018
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Transport aérien. Ryanair à l’épreuve d’une grève européenne

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Transport aérien. Ryanair à l’épreuve d’une grève européenne

“Trop tard pour éviter la grève de mercredi et jeudi. Ryanair semble ne pas avoir saisi l’ampleur du mouvement ni le poids du symbole. Devenue première compagnie aérienne d’Europe, elle voudrait encore pouvoir jouer au pirate social”, observe Le Soir. “La grève des 25 et 26 juillet, simultanément, contre le même employeur, en Belgique, en Espagne et au Portugal, sera une première qui sera regardée par l’Europe entière”, poursuit le quotidien belge.

Neuf heures de négociations entre Ryanair et les syndicats, mardi en Espagne, n’ont pas permis aux parties de s’entendre ni d’éviter la grève des personnels de cabine. Résultat : l’annulation prévue de 600 vols sur deux jours et quelque 100.000 passagers sur le carreau au cœur de l’été.

“L’entreprise et les syndicats ne sont toujours pas d’accord sur la législation à laquelle devraient être soumis les employés de la compagnie aérienne”, explique ABC. “Ryanair insiste pour maintenir ses employés sous contrat de travail irlandais et n’a proposé qu’une légère modification de son modèle. Une position farouchement rejetée par les organisations syndicales”, poursuit le quotidien conservateur espagnol.

Les syndicats réclament un alignement des conditions salariales entre les différents personnels, l’intégration dans l’entreprise des travailleurs indépendants et l’application de la législation locale du travail dans les pays où opère Ryanair.

Mais la compagnie aérienne, qui a transporté 130 millions de passagers et réalisé plus de 1,4 milliard d’euros de bénéfice net en 2017, assure que de telles mesures mettraient l’entreprise en danger.

Pas de compensation pour les passagers

Dénonçant la “maturité d’adolescente” de Ryanair, Le Soir observe que la compagnie aérienne “n’entend pas changer son modèle économique alors que la dimension qu’elle a acquise maintenant l’y contraint presque automatiquement” et que “de plus en plus de passagers se rendent compte du prix social à payer pour que leur billet ne leur coûte pas grand-chose”.

Ryanair, qui n’a commencé à accepter la représentation syndicale au sein de l’entreprise que ces derniers mois, a également averti les syndicats que les grèves et leurs conséquences économiques pourraient entraîner des suppressions d’emploi.

Une “menace” balayée d’un revers de la main par les syndicats espagnols. “20 % des revenus de Ryanair sont générés par la base espagnole. Sincèrement, c’est une menace typique de Ryanair, mais ça ne nous fait pas du tout peur”, assure la syndicaliste Monique Duthiers, citée par El País.

La compagnie aérienne, qui a tout de même réussi à signer des accords avec les syndicats en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Italie, doit aussi faire face à la grogne de ses pilotes en Irlande, qui en étaient mardi à leur troisième jour de grève.

Ils réclament de meilleures conditions de travail, notamment en termes de congés et de prise en compte de l’ancienneté. Mais les discussions, là aussi, sont au point mort. Selon un syndicaliste cité par l’Irish Sun, “compte tenu de l’absence de progrès sur ces sujets, essentiels au mouvement, il est probable que de nouvelles actions soient annoncées” mercredi.

Quant aux 100.000 passagers touchés par les grèves de mercredi et jeudi, Ryanair assure les avoir placés sur d’autres vols, ou leur avoir remboursé leurs billets. Mais qu’ils ne s’attendent pas à recevoir la compensation de 250 à 600 euros prévue par la législation européenne. Dans un entretien à La Libre, Kenny Jacobs, directeur marketing de Ryanair, assure que cette grève est “un cas de ‘force majeure’ car nous avons fait le maximum pour l’éviter. On s’attend à ce que des passagers viennent nous réclamer ce montant et nous irons devant les tribunaux pour faire part de notre droit”.

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