[Tribune] Gare à la colonisation numérique

0
15
[tribune]-gare-a-la-colonisation-numerique

Les soupçons qui pèsent sur le chinois Huawei, accusé d’aider de nombreux États africains à surveiller les opposants et à réprimer les voix dissidentes, prouve l’urgence d’ouvrir un débat démocratique pour contrecarrer les risques que font peser la colonisation numérique en cours, bien plus sournoise que la précédente vague d’invasion.

Au cœur de la guerre commerciale que les États-Unis livrent à la Chine, la saga Huawei n’en finit pas d’apporter son lot de révélations. Selon la dernière en date, l’entreprise chinoise aiderait de nombreux États d’Afrique à surveiller et à réprimer les voix dissidentes. En Ouganda, des caméras de vidéosurveillance équipées de logiciels de reconnaissance faciale et d’outils d’espionnage de smartphones, fournis par Huawei avec service après-vente, auraient permis aux autorités de déjouer des manifestations et de démanteler des réseaux mobilisés contre le régime trentenaire de Yoweri Museveni.

Ces révélations ne surprennent pas les activistes qui dénoncent depuis longtemps la guerre que mènent certains États africains contre les activités numériques de leurs opposants, avec l’aide de firmes chinoises, allemandes ou israéliennes. Les esprits avisés entrevoient déjà que les outils qui paraissent aujourd’hui si pratiques aux États se retourneront contre eux et leurs populations dans un futur pas si lointain.

Voire la source de l'article