Wednesday, October 17, 2018
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Trump maintient son cap protectionniste, Bruxelles fourbit ses armes

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Trump maintient son cap protectionniste, Bruxelles fourbit ses armes

La cérémonie doit avoir lieu ce 8 mars dans l’après-midi, dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, rapporte le New York Times. Donald Trump signera les décrets instaurant les fameux droits de douane sur l’acier (25 %) et l’aluminium (10 %), dont l’annonce, la semaine dernière, a déclenché une salve de protestations tant à l’étranger qu’aux États-Unis.

D’après le quotidien new-yorkais, les mesures devraient dans un premier temps exempter le Canada et le Mexique, et pourraient à terme exclure également d’autres alliés des États-Unis. Ces droits de douane devraient entrer en application d’ici quinze à trente jours.

Ce nouveau virage protectionniste du président Trump fait des remous, y compris dans son propre camp. Le 7 mars, 107 élus républicains à la Chambre des représentants ont adressé une lettre au chef de l’État pour lui demander de “reconsidérer” ces tarifs douaniers et de concentrer plutôt son action sur les partenaires commerciaux jugés déloyaux, comme la Chine, indique le New York Times.

La riposte européenne est prête

La veille, Gary Cohn, principal conseiller économique de Donald Trump et ancien numéro deux de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, avait présenté sa démission. S’il n’a pas précisé le motif de sa décision, il est clair qu’il s’était opposé à la mise en place des droits de douane souhaités par le président.

Les Européens n’ont pas manqué de réagir à la menace américaine. “Bruxelles est prêt à une guerre commerciale avec Washington”, annonce ce 8 mars la Frankfurter Allgemeine Zeitung, tandis qu’à la une Die Welt Kompakt titre sur la “douce vengeance” de l’Union européenne, avec, comme illustration, une tartine de beurre de cacahouète, une référence aux mesures que l’UE pourrait adopter si les États-Unis confirmaient leurs intentions, et qui ont été présentées, le 7 mars, par la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

Bourbon, airelles et jus d’orange

Dans le respect des règles de l’OMC, Bruxelles pourrait mettre en place des dispositions dites de “rééquilibrage”. Concrètement, elle taxerait certains produits américains spécifiques, l’idée étant d’affecter des entreprises sises dans des États qui sont favorables à Trump. “Certains types de bourbon en font partie, ainsi que d’autres articles comme le beurre de cacahouète, les airelles et le jus d’orange”, a indiqué la commissaire européenne, qui a évoqué une liste dans laquelle on trouverait aussi “des produits en acier, industriels et agricoles”.

Le bourbon est un bon exemple de la manière dont Bruxelles compte faire monter la pression. Cet alcool présente en effet l’intérêt d’être l’une des spécialités du Kentucky, un État qui est également un gros producteur d’aluminium – et dont Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine, est sénateur au Congrès des États-Unis. Le groupe Brown-Forman, qui distille notamment le Jack Daniel’s, a son siège dans le Kentucky.

“Le secteur du bourbon emploie 17 500 personnes dans le Kentucky. Si les tarifs douaniers entraînent une chute des ventes de bourbon à l’étranger, cela pourrait détruire des emplois dans cet État”, résume le Lexington Herald-Leader, un quotidien local. In fine, le nombre d’emplois perdus pourrait être équivalent ou supérieur à celui des emplois créés, grâce à ces mêmes barrières douanières, dans les secteurs de l’acier et de l’aluminium, conclut le journal.

Catherine Guichard
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