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Thursday, September 19, 2019
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Une exposition sur le “design nazi” fait polémique aux Pays-Bas

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“Voici comment faire une exposition sur le design nazi sans pour autant glorifier le fascisme”, titre le quotidien néerlandais De Volkskrant. Pour le journal, le musée du Design de Bois-le-Duc est parvenu à son objectif en restant factuel et informatif.

Ouverte, dimanche 8 septembre, la rétrospective présente, au total, 275 objets de “design nazi”. L’un des objectifs affichés de l’exposition est de montrer aux visiteurs à quel point le design a pu servir à véhiculer “la dangereuse idéologie nazie”.

“En tant que musée, si tu veux montrer les courants importants de l’histoire du design, tu ne peux pas faire l’impasse sur les années trente et quarante”, estime Timo de Rijk, directeur du musée du Design, cité par le De Volkskrant. “Le musée présente la première grande rétrospective du design du IIIe Reich, avec la coccinelle de Volkswagen, les jeux olympiques de 1936, le svastika, les films de Leni Riefenstahl et d’autres pièces importantes des Pays-Bas et d’Allemagne”, peut-on lire sur le site du Design Museum Den Bosch.

“Une exposition bizarre et de mauvais goût”

À peine lancée, l’exposition a tellement de succès que le musée a décidé de ne plus vendre de tickets d’entrée au guichet mais de les vendre exclusivement sur Internet. Une façon aussi de mieux maîtriser l’afflux de visiteurs et l’identité des visiteurs. D’ailleurs, du personnel de sécurité supplémentaire a été affecté à l’entrée du musée. Afin d’éviter que l’exposition ne serve de vitrine à des groupes néonazis, les photos, selfies et autres sont interdits dans le musée, comme le rapporte la télévision régionale, Omroep Brabant.

Malgré les précautions prises par le musée, la rétrospective suscite de nombreuses critiques dans le pays. La Jeunesse communiste néerlandaise demande son annulation. À l’occasion de l’inauguration de l’exposition, le groupe a distribué des prospectus devant l’entrée du musée et accroché des pancartes dans les rues environnantes. Un activiste a également installé un tapis rouge en forme de croix gammée devant l’entrée de l’exposition, avant qu’il ne soit retiré par le personnel du musée, comme le montre une vidéo prise par le journal régional Brabants Dagblad. Des associations juives se sont, elles aussi, montrées très perplexes. “Ruben Vis, de la Nederlands Israëlitisch Kerkgenootschap [organisation faîtière de la plupart des communautés juives aux Pays-Bas] avait qualifié le projet d’exposition bizarre et de mauvais goût”, rappelle De Volkskrant.

Mein Kampf en néerlandais est devenu un best-seller

“Il y a exactement un an sortait la traduction néerlandaise de Mein Kampf, note, de son côté, l’économiste Ben Burger, dans une chronique publiée par le quotidien NRC. Depuis, le livre interdit est rapidement devenu un best-seller”, rappelle-t-il, estimant qu’il existe actuellement un “regain d’intérêt pour le fascisme”, ce qui expliquerait en partie l’ouverture de l’exposition de Bois-le-Duc. Et dans ce contexte, juge l’auteur de l’article, cette dernière risque de distraire les visiteurs des atrocités commises par le régime nazi.

“Est-il possible de dire que les nazis ont aussi fait de bonnes choses ?” se demande le journal régional Brabants Dagblad.

“Il est évident que nous devons nous demander si une exposition sur le design nazi est moralement responsable, écrit le rédacteur en chef du journal, Lucas van Houtert. Il y a bien sûr eu une époque où la réponse à cette question ne pouvait être que ‘non’. Dans les années cinquante ou soixante, peu de temps après la guerre, nous étions encore rongés par la guerre, nos blessures faisaient encore trop mal et nous n’étions pas encore prêts à faire un travail là-dessus”, estime-t-il, avant d’expliquer que les Néerlandais ont désormais assez de recul pour qu’une telle exposition puisse avoir lieu.

Maintenant, nous sommes tous d’accord sur le fait que le régime nazi, ce mal incarné, pourri et atroce, n’a pas le droit de revenir un jour. Mis à part pour quelques idiots négationnistes de l’holocauste, cette profonde conviction fait consensus, et aucune exposition ne pourra y changer quoi que ce soit.”

Un casque exposé au musée du Design de Bois-le-Duc :

Antoine Mouteau
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