Wednesday, October 17, 2018
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Vu des États-Unis. Le film “Climax” de Gaspar Noé ou “Fame” tourné par le Marquis de Sade

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Vu des États-Unis. Le film “Climax” de Gaspar Noé ou “Fame” tourné par le Marquis de Sade

Climax restera-t-il comme le film choc de la 71e édition du Festival de Cannes ? Projeté dimanche 13 mai à la Quinzaine des réalisateurs le nouveau long-métrage de Gaspar Noé impressionne autant qu’il révulse, comme en atteste la critique publiée sur le site du magazine spécialisé Variety.

Réalisateur notamment de Love (2015) et Enter the Void (2009), le cinéaste italo-argentin, qui vit en France, avait marqué les esprits avec Irréversible, présenté à Cannes en 2002 : mettant en scène Monica Bellucci et Vincent Cassel, ce film donne à voir une scène de viol que beaucoup avaient à l’époque jugé insoutenable. Comme le résume Variety, “depuis, la carrière de Gaspar Noé a été hantée par une unique question : une fois que l’on a entraîné son public en enfer, que peut-on faire de nouveau ?”

Des danseurs comme des “un tableau cubiste vivant”

L’enfer, dans Climax (qui sortira sur les écrans français le 19 septembre), a d’abord des airs de paradis : une fête, de la musique techno entêtante, des corps qui dansent, portés par une irrésistible “énergie érotique”. La vingtaine de personnages à l’écran ne quitteront jamais l’espace clos de ce qui est présenté comme un hangar servant de salle de répétition. Tous sont des danseurs professionnels. Ils s’apprêtent à partir en tournée avec un spectacle dont ils viennent d’achever la préparation. La première scène de danse est hypnotisante, selon l’auteur de la critique :

C’est peut-être l’une des scènes de danse les plus fascinantes que l’on n’ait jamais vue. […] Les bras [des danseurs] donnent l’impression de se déboîter, de rouler sur leurs torses. Pas une pose ne dure plus d’une fraction de seconde, on dirait un tableau cubiste vivant.”

Enfer sous acide

Très vite, pourtant, la beauté fait place à l’horreur. “Quelqu’un a trafiqué la sangria avec du LSD, et tout le monde en boit. Alors, peu à peu, sous acide, ils commencent à perdre la tête.” Meurtre, torture, cris… La deuxième partie se veut volontairement insupportable. “Climax, en fait, est — oui — un film de plus de Gaspar Noé, une plongée didactique en enfer de plus,” juge le même article. Gratuite, la violence ne nourrit aucune intrigue. Elle laisse le spectateur complètement coupé des personnages :

La dépravation qui s’empare de ‘Climax’ est sans rime ni raison, elle n’en a pas besoin. Elle est lyrique, allégorique. C’est la révélation de la Bête, le monde sens dessus dessous, et notre boulot, c’est de rester assis à regarder. Nous sommes à l’extérieur de ce qui se passe en eux, totalement coupés de leur expérience. Le véritable film se passe dans leurs têtes.”

Un désastre cinématographique

Allégorique, le film l’est aussi d’une autre manière pour Variety. La chute de l’Homme représentée à l’écran reflète aussi le naufrage du film, qui passe de la prouesse au désastre cinématographique :

‘Climax’ fonctionne, du moins quand il accepte d’être un drame humain. Puis il sombre, dans la mesure où ce que l’on est en train de voir, c’est Fame [un film musical culte des années 1980] tourné par le Marquis de Sade avec une Steadicam.”

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