Zimbabwe : TelOne et NetOne privatisés d’ici la fin de l’année ?

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TelOne et NetOne, les deux opérateurs publics de télécommunications, devraient être privatisés avant la fin 2019, selon le ministre des Finances, Mthuli Ncube. Les sud-africains MTN et Telkom, ainsi que l’Angolaise Isabel Dos Santos, figurent parmi les repreneurs éventuels.

Lancé dans une vague de privatisations avec pour objectif ambitieux de réduire le déficit budgétaire du pays de 12 % à 5 % du PIB, le gouvernement zimbabwéen entend privatiser les deux principaux opérateurs de téléphonie et d’internet du pays TelOne et NetOne, d’ici la fin de l’année. C’est ce qu’a annoncé le ministre des Finances Mthuli Ncube, le 10 juillet dernier, en marge d’une rencontre publique à Harare.

À l’issue de cette manœuvre, le gouvernement conservera 26 % de parts dans chacune des entités pour pouvoir « bloquer certaines décisions », grâce à ces parts de « participation minoritaire effective ». Si rien n’est encore officialisé, le ministre a laissé entendre au journaliste du Zimbabwe Independent que les sud-africains MTN et Telkom ainsi qu’Isabel Dos Santos, la femme d’affaires angolaise et fille de l’ex-président, avaient d’ores et déjà manifesté leur intérêt pour ce projet de reprise.

300 millions de dollars

« Au départ, nous voulions les privatiser (TelOne et NetOne) séparément, puis nous avons décidé de les regrouper en une seule entité, c’est pourquoi nous avons dû trouver un conseiller pour unifier ces deux transactions et cette étape prend un certain temps », a déclaré le ministre au site d’information. D’après certains rapports non identifiés, mais cités par le site TechZim, le montant de cette double privatisation pourrait facilement atteindre 300 millions de dollars (267 millions d’euros).

Selon le même site, TelOne, créé en 1980 et deuxième opérateur de téléphonie mobile du pays, est toujours en déficit malgré des résultats en amélioration, notamment à cause d’impayés de la part de ses clients publics. En revanche, le premier fournisseur d’accès à internet, NetOne, né en 1996, semble lui en meilleure forme puisqu’il affichait des bénéfices de 10 millions de dollars pour l’année 2018.

43 sociétés d’État et parapubliques à privatiser

Ces privatisations s’inscrivent dans le programme transitoire de stabilisation lancé en octobre 2018 par le président Emmerson Mnangagwa, qui prévoit à terme la privatisation de 43 sociétés d’État et parapubliques.

Depuis les années 2000, l’économie zimbabwéenne est en berne. Touché par l’hyper-inflation caractéristique de la période Mugabe, président zimbabwéen de 1987 à 2017, le pays a dû faire face à de sévères crises politiques, économiques et humanitaires.

Élu en novembre 2017, le président Emmerson Mnangagwa tente depuis de réformer l’économie nationale, suscitant régulièrement d’importants mouvements de contestation. Il a annoncé en début d’année le rétablissement du dollar zimbabwéen courant 2019, après sa suspension en 2009 par son prédécesseur Robert Mugabe, au profit du dollar américain et d’autres devises régionales.