Tuesday, March 26, 2019
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Crash en Éthiopie : “un dimanche noir pour le ciel africain”

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Crash en Éthiopie : “un dimanche noir pour le ciel africain”

“Ma fille est-elle morte ou vivante ? Nous n’avons reçu aucune information, ni du gouvernement ni de l’aéroport. C’est une véritable torture d’être ainsi laissé sans nouvelles” : c’est l’un des nombreux témoignages de parents ou de proches des passagers du vol ET302 qui s’est écrasé dimanche 10 mars dans la matinée peu après son décollage. Des témoignages recueillis par le quotidien Daily Nation de Nairobi, au Kenya, où l’appareil devait atterrir.

“Larmes, anxiété et colère”

“Larmes, anxiété et colère”, s’exclame le journal. “Les familles ont dû attendre 15 heures, précise le Daily Nation, pour qu’une responsable d’Ethiopian Airlines les informe qu’il n’y avait aucun survivant.” En attendant, les proches des victimes se sont rabattus sur les réseaux sociaux, avec souvent des informations contradictoires.

[Les cent cinquante-sept victimes étaient de trente-cinq nationalités différentes. Le gouvernement français a fait état de la mort de neuf Français. Plusieurs des passagers devaient participer ce lundi à la conférence annuelle du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE), qui a son siège dans la capitale kényane.]

“Véritable outil désenclavement”

“Dimanche noir pour le ciel africain” s’exclame Wakat Séra. En effet, poursuit le site d’information burkinabé, “véritable fleuron de l’économie éthiopienne, Ethiopian Airlines, compagnie aérienne très prisée sur le continent africain, offre des opportunités de voyage et des coûts favorables à la bourse des Africains [sa flotte compte plus de cent appareils, ce qui en fait la plus importante en Afrique]”.

Plus que la propriété de l’État éthiopien, Ethiopian Airlines est devenu un véritable outil de désenclavement de l’Afrique, continent où il est plus difficile et plus coûteux de rallier deux capitales voisines que de se rendre à Paris ou à Washington.”

Alors, “pour l’heure, pointe Le Pays, toujours au Burkina Faso, tous les regards sont tournés vers les enquêteurs qui, à l’issue de l’analyse du contenu des boîtes noires de l’avion, pourront déterminer les circonstances exactes de ce drame qui, il faut le dire, pourrait porter un coup dur au transport aérien africain.”

“Troublant et mystérieux”

“Car, Ethiopian Airlines, il faut le rappeler, en cinquante-quatre ans, s’est imposée comme la meilleure compagnie aérienne du continent. Et puis, la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, est un véritable hub d’où partent des vols en direction de cent vingt-cinq destinations.”

Pour l’instant, relève Le Djély, en Guinée, “aucune faille n’apparaissant ni du côté de la compagnie ni de celui du pilote ou de la météo, c’est vers le constructeur, Boeing, qu’on se tourne. Or, sur ce point-là, on apprend que l’avion est d’acquisition récente. Ses premiers vols auraient commencé en octobre dernier. Et il convient d’admettre que c’est plutôt troublant qu’un appareil neuf puisse se retrouver au cœur d’un accident aussi mystérieux.”

Un accident similaire en Indonésie

“Mais il y a un second élément qui conforte les soupçons sur l’avionneur américain, pointe encore Le Djély. Celui d’un accident quasi similaire enregistré en octobre dernier en Indonésie et impliquant là aussi un Boeing 737 MAX. L’appareil s’était écrasé quelques minutes après le décollage [faisant cent quatre-vingt-neuf morts]. Et, comme dimanche en Éthiopie, le pilote s’était plaint des mêmes ‘difficultés’. L’une des boîtes noires repêchées avait révélé un problème ‘d’indicateur de vitesse’.”

Alors, s’interroge le site guinéen, “le même problème serait-il à la base du drame d’Addis-Abeba ? Les experts suggèrent la prudence en attendant l’aboutissement de l’enquête qui devrait prendre en compte toutes les hypothèses.”

Frédéric Couteau
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