A coup d’argent public, les chefs des 6 principales confessions religieuses ( notamment ECC, Kimbanguisme, église de réveil, orthodoxe et musulmane), avaient appelé ce samedi 5 mars à un grand rassemblement populaire au stade des martyrs en faveur de la «paix» et du «Dialogue» convoqué par le président Kabila. De toute évidence, ils n’ont pas été écoutés au vu de la faible affluence. La manifestation boudée par l’église catholique se voulait pourtant oecuménique. Elle a été un vrai fiasco. Car la population ne s’y est pas rendue en masse comme l’espéraient les organisateurs. Dans une ville de plus de 10 millions d’âmes, le complexe sportif stade des Martyrs n a accueilli au plus 10 mille personnes alors qu’il peut contenir 80 mille voir plus de 10 mille si on occupe l’aire de jeu Et pour ne rien arranger à cet échec de mobilisation, la pluie s’est invitée. Elle a sérieusement perturbé une cérémonie qui déjà était plus que morose. De quoi y voir un signe divin pour les opposants à cette manifestation. En tous les cas, ni les ouailles ni la population n’ont pris d’assaut les gradins du stade des martyrs alors que la publicité autour de cet événement avait été assurée sur tous les supports, les médias publics avaient été mis particulièrement à contribution. Mais sans succès. A la place c’est un flop, sur lequel les organisateurs et le pouvoir vont devoir méditer longtemps. La méfiance de la population envers ces hommes d’église est de plus en plus perceptible. Conséquence de leurs accointances avec le pouvoir, chose qui n’est plus à démontrer. Ils s’étaient déjà ligués avec le pouvoir pour faire échec au candidat de l’église catholique à la tête de la Ceni. Tant que la société dite civile, une certaine société civile, ne sera pas à bonne distance avec le pouvoir jouant son rôle de contrepoids, elle se décrédibilisera davantage. Le rôle de la société civile, dont les confessions religieuses sont une composante importante, est de défendre les droits des congolais et non pas de chercher à trouver des excuses au pouvoir dans son son incurie. Le boycott des kinois à la manifestation de ce samedi sonne comme un énième avertissement à l’endroit de ses princes d’église considérés comme corvéables et manipulables à souhait. Ils peuvent encore se ressaisir en proclamant leur foi en la Constitution, gage de la paix. Les aspects économiques de cette manif doivent être comptabilisés. Cette manifestation a coûté beaucoup d’argent aux contribuables congolais. Des sources proches de l’église de réveil on parle d’une somme de deux millions $. De l’argent public jeté par la fenêtre.