Franck Diongo qui fustige le caractère anticonstitutionnel de l’appel d’offre lancé le 10 février par la CENI consacrant le glissement, appelle l’ensemble du peuple congolais à le rejeter, et exige le remplacement de Nangaa à la tête de cette institution organisatrice des élections

Au cours d’un point de presse tenu hier jeudi 3 mars à Kinshasa, le député national Franck Diongo Shamba a dénoncé le  » complot  » de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) contre le peuple congolais, à travers l’appel d’offre lancé dernièrement, qui ne tient nullement compte du délai constitutionnel.

Le président national du Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP) a, dans une correspondance adressée au secrétaire général des Nations Unies, soutenu que l’appel d’offre lancé par la CENI apporte une preuve de plus quant à la volonté du pouvoir en place de contourner la Constitution de la République, en vue de s’affranchir de la règle constitutionnelle de limitation du nombre et de la durée du mandat présidentiel.

Pour Diongo, ce marché démontre, par ailleurs, la complicité établie entre la Majorité au pouvoir et la CENI en vue de la réalisation de ce projet anticonstitutionnel. Il a interpellé les Nations Unies quant aux conséquences que ce projet de se maintenir au pouvoir, en violation de la Constitution et au mépris de la volonté des Congolais peut avoir sur la paix, la sécurité, la stabilité et la démocratie en RD Congo et dans la sous-région des Grands-Lacs.

De la synthèse

Pour synthétiser, Franck Diongo rappelle que la CENI a publié, le 10 février 2016, un avis d’appel d’offre pour la fourniture des kits d’enrôlement des électeurs, des cartes d’électeurs et des sources d’énergie pour la révision du fichier électoral.L’analyse du dossier d’appel d’offre relatif à ce marché, apporte la confirmation, à en croire le député national Franck Diongo, de l’instrumentalisation de la CENI par la majorité au pouvoir.

Cette dernière remue ciel et terre, poursuit-il, pour réaliser son projet suicidaire, à savoir  » le maintien au pouvoir du président Kabila au-delà de son deuxième et dernier mandat qui expire le 19 décembre 2006 « , peut-on lire.

L’élaboration de ce dossier d’appel d’offre par le Bececo, une agence gouvernementale parallèle, dénote davantage la mainmise du gouvernement sur la CENI, à en croire la correspondance de Franck Diongo au SG des Nations Unies. » On en veut pour preuve l’option prise de recourir à un appel d’offre international ouvert dont le processus ne demande pas moins de six mois pour aboutir « , souligne-t-il.

Pourtant, la loi relative aux marchés publics offre la possibilité de recourir à des modes de passation des marchés susceptibles de réaliser une économie significative de temps.

Il s’agit du  » gré à gré  » ou de l’appel d’offre international restreint avec réduction des délais aux conditions bien fixées par les articles 25, 26, 36, 41, 42 et 43 de la loi. »

En procédant ainsi, la CENI et le gouvernement ignorent délibérément les délais fixés par la Constitution pour l’organisation de l’élection présidentielle dont le scrutin doit être convoqué 90 jours avant la fin du deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila « , indique-t-il.

Sur le fond, l’imprécision ou le manque de transparence concernant les spécifications techniques du logiciel d’enrôlement ouvre la voie à la planification des fraudes sur les listes électorales.

Et dans son propre dossier d’appel d’offre (Page 48), et contrairement aux délais élastiques qu’elle diffuse dans les médias, la CENI reconnait que l’identification et l’enrôlement des électeurs se dérouleront pendant 60 jours au maximum, de six heures à dix-sept heures, heure locale.

Au regard de la gravité de ce qui précède, le MLP rejette cet appel d’offre et demande à l’ensemble du peuple congolais et aux forces démocratiques d’en faire de même.

Il réaffirme son rejet du dialogue politique  » dilatoire  » conçu dans le seul but de s’octroyer une présidence à vie, et exige à la CENI de retirer son appel d’offre qui s’inscrit dans une logique de violation de la Constitution et qui est nuisible aux aspirations du peuple congolais, à la République et à la démocratie. Que la CENI recourt aux autres modes de passation des marchés légalement disponibles et qui garantissent les délais constitutionnels.

Le MLP continue de récuser le président de la CENI, et invite la communauté internationale à agir plus efficacement pour soutenir le peuple congolais dans sa lutte pour le respect de la Constitution et pour garantir une alternance démocratique au pouvoir en 2016.

Appel d’offre : le document déchiré
A la fin de son speech, l’opposant Diongo a déchiré ce document d’appel d’offre, en présence des journalistes, pour manifester son refus au complot contre le peuple congolais. Un geste plein de signification.

La CENI inféodée

Pour Diongo, le fait que Corneille Nangaa ait exécuté, à la lettre, les ordres lui donnés par Aubin Minaku pour invalider certains candidats indépendants, est une preuve que la CENI est un appendice de la Majorité présidentielle.  » Je condamne cette invalidation « , a-t-il déclaré.

Prier pour le respect de la Constitution

Franck Diongo a demandé à l’ensemble de la population de la ville de Kinshasa de se rendre, demain samedi 5 mars, au stade des Martyrs et prier pour le respect de la Constitution, l’alternance au sommet de l’Etat en 2016, et pour la non tenue du dialogue.